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Dans la presse …

Les modes de vie : un canal de transmission des inégalités de santé ?

Questions d'économie de la santé n° 154, mai 2010

Damien Bricard, Florence Jusot, Sandy Tubeuf

Plusieurs études récentes ont mis en évidence l'existence d'inégalités de santé en France liées au milieu d'origine. Afin de mieux comprendre l'effet à long terme des conditions de vie dans l'enfance, des questions spécifiques ont été introduites dans l'Enquête santé et protection sociale 2006 de l'Irdes.

Les résultats montrent l'importance des inégalités des chances en santé en France : être issu d'un milieu défavorisé, avoir des parents de niveau scolaire peu élevé, adoptant des comportements à risque ou en mauvaise santé, sont autant de facteurs explicatifs des inégalités de santé à l'âge adulte.
Les comportements à risque adoptés par les parents, le niveau d'éducation de la mère et les conditions matérielles de vie difficiles pendant l'enfance conditionnent les modes de vie adoptés par les enfants qui influencent à leur tour la santé à long terme. Cet effet indirect du milieu d'origine s'ajoute aux effets mieux connus de reproduction sociale et aux effets directs des conditions de vie dans l'enfance sur la santé à l'âge adulte.

En dehors d'interventions visant à améliorer l'égalité des chances à l'école et ou plus globalement les conditions de vie, des politiques de prévention et de promotion de la santé ciblées vers les populations les plus modestes sont des pistes possibles pour réduire les inégalités des chances en santé.


Télécharger cette étude : [www.irdes.fr]

Post by admin on 07/08/2010 06:55PM 0 comment(s)

Délinquants sexuels : la médecine ne peut pas tout, souligne l’Académie

Quotidien du Médecin 28/06/2010

Lors d’une conférence de presse, ce lundi, l’Académie de médecine s’est employée à rappeler que le seul traitement médical ne suffit pas à prévenir la récidive des agressions sexuelles.

Les Prs Edwin Milgrom, Philippe Bouchard et Jean-Pierre Olié, rapporteurs d’un groupe de travail qui s’est penché sur la littérature internationale, ont énoncé trois recommandations. La première, c’est d’améliorer la pratique des expertises de dangerosité des criminels sexuels en enseignant et en diffusant les méthodes actuarielles, approches totalement empiriques, fondées sur une analyse statistique, qui prouvent leur efficacité et cependant méconnues dans notre pays. Il faut « informer les magistrats et le public en général du caractère très imparfait des prévisions, même quand l’expertise a utilisé les meilleurs instruments actuellement disponibles », modèrent cependant les rapporteurs.

Ils souhaitent la définition d’une politique qui ne soit donc pas uniquement basée sur des moyens médicaux, « qui ne peuvent pas tout résoudre ». « Les traitements à visée hormonale ou psychologique ayant une efficacité très partielle et quelquefois des effets secondaires marquants ne peuvent être le seul outil d’une politique de prévention de la récidive », insistent-ils.

Enfin, ils appellent à une recherche plus tournée vers les pistes de prévention médicale de la récidive de délinquance sexuelle. « À l’heure actuelle, la recherche dans ce domaine est en France absolument sous-dotée et mal structurée ».

› AU. B.

Post by admin on 06/28/2010 06:25PM 0 comment(s)

La guerre des psys est-elle fondée ?, par Jean-Pierre Olié

LEMONDE.FR | 02.06.10 | 09h06 [www.lemonde.fr]

Le livre de Michel Onfray, Le crépuscule d'une idole.

L'affabulation freudienne a suscité des réactions aussi vives que légitimes. Peut-il relancer une guerre des psys ? Reprenant des arguments du Livre noir de la psychanalyse, le philosophe remet en cause certains "dogmes" au premier rang desquels la valeur thérapeutique de la psychanalyse et des nombreuses formes de psychothérapie qu'elle a inspirées. Il est facile de rétorquer à Michel Onfray que bien après Freud, la théorie et la pratique psychanalytiques se sont développées au point que nul praticien ne se prive, selon les situations, de tel ou tel concept freudien. La psychanalyse n'est ni une hallucination collective ni un placebo !

Il n'en est pas moins judicieux d'interroger l'efficacité de cette modalité de traitement de divers troubles psychiques, comportementaux voire somatiques. Michel Onfray avance une comparaison entre traitement psychanalytique et thérapies traditionnelles : pourquoi pas si l'on veut bien admettre qu'il s'agit pour la psychanalyse de traiter davantage le terrain ou la personnalité et ses façons d'être que des symptômes. Certains psychanalystes n'ont-ils pas soutenu cela en avançant que la guérison (des symptômes) survient de surcroit, à l'issue du traitement. La thérapie analytique vise à améliorer mécanismes de défense et capacités d'adaptation ce qui rend difficile la mesure de ses effets. Il ne serait pas opportun que les professionnels refusent toute démarche d'évaluation à laquelle ne peut échapper aucune thérapeutique.

D'autres modalités de soins ont pour objectifs d'atténuer rapidement les symptômes en escomptant que ceci remanie favorablement la façon d'être et les capacités d'adaptation. Ce sont les médications psychotropes, d'une part, les thérapies cognitivo-comportementales, d'autre part, dont les effets sont plus aisément mesurables que ceux de la psychanalyse.
Reste le vaste domaine des thérapies et mesures sociales d'accompagnement ambitionnant un allègement des contraintes environnementales. Les psychiatres qui en 1975 s'inquiétaient de l'adoption d'une loi ouvrant la possibilité de considérer les sujets porteurs d'une affection psychiatrique comme personnes handicapées ayant droit à une allocation de solidarité seraient aujourd'hui prêts à se battre pour le maintien de cette loi si quelque gouvernement voulait la remettre en cause. Elle s'avère utile pour faciliter l'insertion sociale des personnes trop incapables d'une totale autonomie.

UNE GUERRE QUI N'A AUCUNE RAISON D'ÊTRE

La guerre des psys "pour ou contre la psychanalyse", "pour ou contre les médicaments", "pour ou contre les TCC [thérapies cognitivo-comportementales]", est un leurre. Les seuls enjeux sont : la reconnaissance des troubles mentaux comme de véritables maladies répertoriées par l'Organisation mondiale de la santé avec un taux élevé de morbidité (25 % des individus touchés à un moment ou un autre de leur vie, premières causes d'arrêts de travail et de handicap…) et la vérification d'un niveau suffisant de compétences des divers psys : psychiatres, psychologues, psychothérapeutes, praticiens de la psychanalyse. Bien que l'on connaisse de mieux en mieux les dysfonctionnements neurobiologiques et psychologiques concomitants des pathologies mentales aiguës ou chroniques, il convient de redire que nul ne connaît la cause de ces maladies que sont les troubles dépressifs, les pathologies anxieuses, les schizophrénies, les troubles des conduites alimentaires, les toxicomanies ou encore les troubles de la personnalité.

Il est essentiel que tout soit fait pour que les professionnels regroupés sous l'étiquette "psys" soient éclairés : sur les diverses hypothèses aussi bien psychologiques que biologiques quant à l'origine des troubles psychiques et comportementaux ou encore des troubles de la personnalité et sur les caractéristiques cliniques, évolutives et leurs limites, les possibilités thérapeutiques de ces maladies. Il serait dangereux que les uns connaissent la neurobiologie, les autres la psychanalyse ou les théories cognitivo-comportementales. Les usagers ne sauraient admettre cela. Et une guerre des psys ne doit plus être un outil de diversion quant à la seule vraie question : la formation des futurs psys et l'évaluation des pratiques des professionnels.

La question est donc posée : outre Michel Onfray, qui voudrait encore se cacher derrière une guerre des psys qui n'a aucune raison d'être ?

Jean-Pierre Olié est professeur de psychiatrie à la faculté de médecine Paris-Descartes, chef de service à l'hôpital Sainte-Anne et président de la Fondation Pierre-Deniker.

Post by admin on 06/07/2010 11:47AM 0 comment(s)

Onfray contre l’affreux Freud

Telerama 3149 du 19 mai 2010

En dénonçant "l'affabulation freudienne" dans un pamphlet, Michel Onfray s'est attiré l'ire du monde de la psychanalyse. Qui a beau jeu de souligner les limites de sa diatribe. On dirait bien que cette fois, le philosophe hédoniste s'est bel et bien trompé de combat. Analyse.

Le titre même de l'ouvrage, Le Crépuscule d'une idole - un petit clin d'oeil au grand pourfendeur de morale et saccageur d'idoles que fut Friedrich Nietzsche -, est suffisamment explicite : c'est à un déboulonnage en règle que nous allons assister. Le sous-titre (« l'affabulation freudienne ») et l'illustration de la couverture, une horreur marketing vaguement inspirée de Bruegel représentant Sigmund Freud vieillissant sur fond de rougeoiments infernaux et de bestiaire fantastique, précisent l'objet de cette descente en flammes : le père de la psychanalyse et la science de l'inconscient. En un peu plus de six cents pages, l'accusateur public Michel Onfray n'y va pas de main morte et passe au Kärcher la vie d'un homme et de sa pensée, marquées, selon lui, du sceau infamant d' « affabulation de haute volée appuyée sur une série de légendes ».

Suite de l'article : [www.telerama.fr]

Post by admin on 06/03/2010 11:20AM 0 comment(s)

[En Belgique] "Le coût élevé d'une psychotherapie fait décrocher les patients"

Le Vif L'express (Be) 2 juin 2010

(Belga) Un certain nombre de patients présentant une expérience traumatique n'opte pas pour une psychothérapie ou en décroche en cours de route car son coût (1.300 euros par mois, en moyenne) est jugé trop élevé, ressort-il d'une enquête de Test-Achats.

L'organisation de défense des consommateurs déplore ce phénomène car les victimes avec un stress post-traumatique qui n'entament aucun traitement de ce genre, semblent avoir une qualité de vie moindre que les personnes qui le font, d'après Test-Achats. Selon un sondage réalisé auprès de 676 Belges, 80 pc d'entre eux ont déjà eu à faire face à un événement traumatique. Le décès d'un membre de la famille ou d'un ami ou le diagnostic d'une maladie grave représentent les expériences traumatiques les plus fréquentes. La perte d'un proche, la violence familiale et sexuelle sont les blessures les plus profondes. Quatre personnes sur dix qui perdent leur partenaire ou leur enfant ou une victime sur cinq de violence familiale en souffre encore cinq ans plus tard. Seulement une victime sur quatre cherche une aide professionnelle, dont près de la moitié (48 pc) se tourne vers une psychothérapie. 13 pc attendent une solution par la médication et 14 pc choisissent la médecine alternative comme l'acupuncture et l'homéopathie. Parmi les personnes qui luttent depuis longtemps contre un stress post-traumatique, 60 pc ne font appel à aucune aide professionnelle. Une sur trois trouve la thérapie trop coûteuse. Concernant ceux qui abandonnent un traitement, 17 pc le font parce que c'est trop cher. (VIM)
Source: Belga



Edited 1 time(s). Last edit at 06/03/2010 09:17AM by admin.

Post by admin on 06/03/2010 09:16AM 0 comment(s)

Bachelot et Accoyer déclenchent la guerre des psys

Par Gilbert Charles, publié dans l'Express le 02/06/2010
[www.lexpress.fr]

Le décret qui fixe depuis quelques jours le statut des psychothérapeutes fait crier les psychologues à l'injustice.
Le ministère de la santé a réussi à liguer contre lui les deux principales associations de psychologues et enseignants en psychologie, qui jusque-là entretenaient entre elles des relations plutôt conflictuelles. Motif de cette union sacrée: le décret le décret d'application réglementant la profession de psychothérapeute, publié le 20 mai au Journal officiel. Destiné à lutter contre le charlatanisme et les "dérives sectaires" de certains psys, il prévoit que toute personne désirant exercer la fonction de psychothérapeute doit être inscrit sur un "registre national" et justifier d'une formation en psychopathologie clinique de 400 heures et d'un stage pratique d'au moins un mois.

Ces dispositions, issues d'un amendement déposé par Bernard Accoyer, l'actuel président de l'assemblée nationale, à la loi de santé publique votée en 2004, n'ont jamais été appliquées depuis, faute de décret. Très attendu par tous les professionnels de la santé mentale, le texte dont vient d'accoucher le ministère, après des années de tergiversations, est pourtant loin de satisfaire le Syndicat National des Psychologues et la Fédération française des psychologues et de psychologie, qui crient de concert à l'injustice. Un article en annexe donne en effet, selon eux, un avantage "exorbitant" aux psychiatres par rapport aux psychologues.

Ces derniers, titulaires pour la plupart d'un master en psychopathologie clinique, devront suivre un complément de formation de 150 heures, dont sont dispensés les psychiatres, qui reçoivent pourtant un enseignement pratiquement identique dans les facultés de médecine. "Cette mesure repose sur une conception purement médicale de la psychopathologie, en contradiction flagrante avec les traditions universitaires françaises", s'indigne Jacques Borgy, le Secrétaire général du SNP.

Un point de vue partagé par le psychiatre et psychanalyste Roland Gori: "Les psychologues sont bien plus au fait de la psychothérapie que les médecins issus des cursus de psychiatrie, où cette formation est au mieux négligée, au pire proscrite, estime-t-il. Le ministère semble céder à la tentation politique de mettre en place une psychothérapie d'État dominée par le psychiatre, supposé plus conservateur, traditionaliste et sécuritaire que le psychologue ou le psychanalyste".

NB : Roland Gori n'est pas psychiatre, il est psychologue - JM T

Post by admin on 06/03/2010 09:09AM 0 comment(s)

« Les psychiatres de ville pourront délivrer des soins sans consentement »

Libération / Mediscoop 5/05/2010

C’est ce que déclare Roselyne Bachelot dans Libération. Le journal publie un entretien avec la ministre de la Santé, qui « présente aujourd’hui sa nouvelle loi sur la psychiatrie à l’hôpital ». Une loi « très controversée », note le quotidien.

Roselyne Bachelot indique qu’« il y avait nécessité à moderniser notre dispositif. […] C’est une loi importante car elle remplace la notion d’hospitalisation par celle de soins, ouvrant la possibilité d’une prise en charge, soit en hospitalisation, soit en soins ambulatoires, selon l’avis médical ».
« Et de ce fait, elle donne un cadre aux soins ambulatoires sans consentement. Ce qui était souhaité par un grand nombre d’acteurs », observe la ministre.

Mme Bachelot déclare que « ce projet traduit la recherche d’un bon équilibre et permet un renforcement global des droits des personnes. Le projet de loi prévoit l’information régulière des patients sur leurs droits et le recueil de leur avis sur les décisions les concernant ».

La ministre de la Santé ajoute qu’« on ne peut pas dire qu’il manque des psychiatres en France, on a le plus fort taux de toute l’Europe. Mais voilà, ils exercent surtout en ville. Je veux donc ouvrir la palette des possibles. Les psychiatres de ville pourront délivrer des soins sans consentement, sous la responsabilité du médecin de l’hôpital qui suit le patient ».

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Les «psys» analysent la violence scolaire

La Croix 07 04 2010

Alors les États généraux de la sécurité à l’école se droulent mercredi 7 et jeudi 8 avril à Paris, psychiatres et psychologues livrent leur éclairage sur ces violences qui empoisonnent la vie de nombreux établissements

Des petites incivilités aux – rares – faits divers tragiques, la violence s’est imposée dans le paysage scolaire. Difficile, toutefois, de dresser le portrait-type de ses auteurs. « Certains souffrent de schizophrénie ou de troubles de l’humeur », analyse le pédopsychiatre Philippe Jeammet, membre du comité scientifique des États généraux de la sécurité à l’école, qui s’ouvrent aujourd’hui à la Sorbonne. « Les autres, majoritaires, présentent une hypersensibilité qui, sans relever de la pathologie, empoisonne les relations au sein de l’école », constate-t-il.

Les difficultés qu’éprouvent un nombre croissant de jeunes gens à refréner leurs émotions et leur propension à se montrer irrespectueux ou agressifs sont liées, selon Philippe Jeammet, « à la plus grande liberté d’expression accordée aujourd’hui aux enfants, liberté qui par ailleurs permet d’avoir des individus plus ouverts, plus curieux, plus entreprenants ».

Bien souvent, constate Yves Compas, ancien psychologue scolaire, la violence est le fait de jeunes gens en mal d’identité. Un phénomène qu’il résume d’un jeu de mots : « Je ne vaux rien, je deviens donc vaurien pour valoir quelque chose. »

suite : [www.la-croix.com]



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Post by admin on 04/07/2010 08:09AM 0 comment(s)

Nadine Morano souhaite encourager les "méthodes comportementalistes" dans le traitement de l'autisme

Le Monde 02 04 2010
[www.lemonde.fr]

La secrétaire d'Etat à la famille, Nadine Morano, a souligné jeudi sa volonté d'encourager les "méthodes comportementalistes" dans le traitement de l'autisme, à la veille d'une journée mondiale de sensibilisation à cette maladie. "La France était en retard sur les méthodes comportementalistes", a affirmé Mme Morano, lors de la visite à Paris d'une école expérimentale recourant à une méthode éducative, fondée sur l'analyse du comportement appliqué, dite ABA (Applied Behavior Analysis).

Rappelant que la France compte cinq cent mille personnes autistes ou apparentées et 1 autiste pour 150 naissances, Mme Morano a indiqué que le plan "Autisme 2008-2010" voyait son budget abondé de 10 % à 205 millions d'euros pour le soutien aux structures innovantes comme l'ABA. La prise en charge de l'autisme continue toutefois de faire l'objet d'une vive opposition entre les partisans d'une méthode éducative et les partisans de soins psychiatriques. Le plan "Autisme 2008-2010", présenté en janvier dernier en conseil des ministres, a pour objectif la création de quatre mille cent places en établissements d'ici à 2012. Mme Morano a promis "une accélération dans la création de places" dans le cadre de la loi.

Deux députés UMP ont déposé jeudi une proposition de loi visant à faire de l'autisme une grande cause nationale en 2011. Cela permettrait, selon le texte de la proposition, présentée par Daniel Fasquelle (Pas-de-Calais) et Jean-François Chossy (Loire), d'"améliorer son dépistage précoce, développer l'accompagnement des enfants autistes et favoriser leur intégration et leur maintien en milieu scolaire ordinaire".

[www.travail-solidarite.gouv.fr]



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Post by admin on 04/07/2010 08:03AM 0 comment(s)

« Nous allons financer 23 projets expérimentaux pour l’autisme »

La Croix / Mediscoop 1 avril 2010

A la veille de la journée mondiale de sensibilisation à l’autisme, Nadine Morano, secrétaire d’Etat chargée de la famille et de la solidarité détaille en exclusivité pour « La Croix » les prochaines étapes de la politique gouvernementale.
Alors que prend fin « le deuxième plan autisme (2008_2010),

Nadine Morano explique que ce dernier qui « prévoyait la création de 4 100 places d’ici à 2012 » a déjà abouti à la création de « plus de la moitié » des places. Concernant « l’évaluation de la méthode controversée du « packing », qui consiste à envelopper les enfants dans des linges froids pour leur faire sentir les limites de leurs corps » le secrétaire d’Etat répond que « Face à l’inquiétude de certaines associations et familles, nous n’avons décidé de mettre en place, avec Roselyne Bachelot, un protocole de recherche clinique sur cette thérapie en particulier. Nous aurons les résultats fin 2011 ». Sur la question du « diagnostic d’autisme aujourd’hui encore posé trop tardivement » dénoncé par les associations, Mme Morano répond que « Le gouvernement a abondé de (,6 millions d’euros les crédits destinés aux éuipes spécialisées dans ce diagnostic (..)

Depuis quelques jours, nous disposons d’un « état des connaissances » sur l’autisme que vient de publier le Haute Autorité de santé. Cela va nous permettre de mettre en place une formation appropriée pour tous les professionnels ».

[www.has-sante.fr]



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Post by admin on 04/01/2010 11:09AM 0 comment(s)

L'accès aux soins psychiatriques est devenu un système inéquitable,

L'accès aux soins psychiatriques est devenu un système inéquitable, par Pierre Micheletti et Pierre Murry
LE MONDE | 10.03.10 | 13h29


Adoptée en 2009, la loi Hôpital patients santé territoires (HPST) va entrer en vigueur. Elle comporte des dispositions nouvelles dont la création des Agences régionales de santé (ARS). L'esprit de la loi cherche à instaurer une louable cohérence entre l'offre de soins, le médico-social et la prévention. Il est une spécialité médicale pour laquelle le "t" de territoire revêt une importance primordiale, c'est la psychiatrie. Il s'agit de la seule discipline qui, au travers de la circulaire du 15 mars 1960 ayant instauré la sectorisation il y a cinquante ans, positionne l'hôpital public à la tête d'un maillage géographique.


Ce réseau vise à amener les compétences au plus près des demandes de soins par le biais des centres médico-psychologiques (CMP) et des hôpitaux de jour. Comme toutes les autres disciplines, en revanche, la psychiatrie prend en charge les demandes de soins grâce aux deux systèmes qui se veulent synergiques et complémentaires, la psychiatrie libérale et la psychiatrie publique. C'est là que le bât blesse.

Le propos n'est pas ici d'opposer les acteurs des deux formes d'exercice, il est de montrer que, dans les conditions actuelles de régulation par l'Etat, ce système bicéphale est inéquitable pour la population de notre pays. La réorganisation des secteurs devient une nécessité urgente, mais elle ne peut résumer à elle seule les solutions pour faire face à la demande de soins. Les dépenses de soins pour troubles mentaux représentent en volume le deuxième motif des dépenses de santé en France. Ces questions surviennent alors qu'il y a une baisse importante du nombre de jeunes qui se dirigent vers cette spécialité. Entre 2008 et 2009, 36 départements ont connu une perte d'effectif psychiatres. Quelque 62 % des psychiatres en exercice ont plus de 50 ans.

En termes d'analyse des politiques publiques, le débat sur la psychiatrie est indissociable de la notion d'inégalités sociales de santé. C'est-à-dire du fait que l'espérance de vie et le risque de mortalité prématurée évitable sont variables selon les catégories sociales et les revenus . Dans cette équation inégalitaire, les hommes sont plus exposés que les femmes. Trois mécanismes principaux conduisent à ces inégalités. Selon la catégorie socio-économique d'appartenance, les personnes ne sont pas exposées aux mêmes risques, sont plus ou moins informées (école, lectures...) sur les comportements favorables ou défavorables à leur santé et, enfin, consultent plus ou moins tard. Si bien que le degré d'évolution de la maladie étant différent au moment du diagnostic, le pronostic sera plus grave.

Or l'analyse des territoires révèle des inégalités flagrantes dans la répartition spatiale des médecins libéraux en général et des psychiatres libéraux en particulier. Les médecins généralistes, autres acteurs de première importance dans la prise en charge des pathologies psychiatriques, connaissent le même phénomène de répartition. Les situations de ces deux catégories de médecins sont liées, elles soulèvent la question de la médecine de premier recours.

Dans la plupart des départements, l'offre de psychiatrie libérale est concentrée sur les centres urbains et les centres-villes. De telle sorte que les zones rurales, comme les périphéries des villes, sans parler des zones urbaines sensibles, sont dépourvues de telles compétences en activité libérale.

Certes les psychiatres libéraux sont installés en zones commerçantes bien desservies. Toutefois, les profils médicaux des personnes prises en charge par ces praticiens, leurs horaires de travail, les outils thérapeutiques utilisés et leur implication effective dans la gestion des urgences concourent à laisser l'essentiel de la réactivité face aux situations de crise aux praticiens des hôpitaux. Il faut cependant admettre que leur mode d'exercice rend difficile une prise en charge adaptée aux situations aiguës.

Cette dissymétrie aboutit à renforcer des entraves qui se cumulent et que la psychiatrie publique a vocation à rééquilibrer. Car dans ces territoires délaissés le déni de la maladie, mécanisme fondamental dans la maladie psychiatrique, se rajoute à la stigmatisation d'avoir à aller chez les médecins des fous, et à la distance. Dans un certain nombre de cas, l'hospitalisation sous contrainte sera la démarche unique d'entrée, ou de retourner dans le système de soins, pour un certain nombre de patients isolés. Avec son cortège de violence et les questions qu'elle soulève vis-à-vis du respect des libertés individuelles.

Il y a quelques années ont émergé des mesures qui se voulaient au service de plus de "démocratie sanitaire", dont la mise en place des conférences régionales de santé. Il s'agissait à travers ce mécanisme de donner la parole à des citoyens et à des associations pour faire émerger des priorités d'intervention au niveau des régions. Participer à élaborer un diagnostic sur un territoire constituait une forme de progrès, même si la pratique est venue nuancer le dessein de départ. La loi HPST est assez imprécise sur la place qu'elle accordera à ces conférences, élargies pour la circonstance aux questions d'autonomie.

Mais en matière de démocratie pouvons-nous encore faire l'économie de participer aux discussions sur l'organisation de l'ensemble du système de santé et sur les allocations de ressources ? Le citoyen lambda, comme le professionnel de santé, comme le responsable d'association, comme l'élu local n'a-t-il pas son mot à dire concernant le nombre de spécialistes dans chaque discipline, leur répartition entre public et privé, la régulation des pratiques des professionnels à honoraires libres, leur répartition sur le territoire national et au sein de chaque région ? Ne peut-il avoir une opinion sur la participation de chaque professionnel aux urgences et à la permanence des soins ? Ne sommes-nous pas tous concernés par l'accès aux soins psychiatriques en milieu rural, des vieux en établissements d'accueil ou à domicile, des enfants dans les quartiers en difficulté, des SDF ?

Une politique publique de psychiatrie peut-elle maintenir un système qui fait reposer sur une partie de ses acteurs, les hospitaliers, la responsabilité sociétale vis-à-vis de l'ensemble des populations et des territoires ? Quelle est cette politique qui ne réaffirme pas la priorité pour les dispositifs destinés aux plus vulnérables ? Ceux qui participent d'une forme de "rattrapage social". La santé scolaire, la médecine du travail, la psychiatrie publique. Sur les 11 600 psychiatres pour adultes qui exercent en France, 44 % travaillent en milieu hospitalier. Il ne s'agit pas d'une position partisane ou dogmatique. Il s'agit d'une approche de bon sens d'une santé publique qui se veut au service de davantage d'équité sociale.

Périodiquement, des événements dramatiques viennent interroger la société et son système de soins dans leurs relations avec les personnes atteintes de maladies mentales graves. Les responsables politiques se livrent alors à des déclarations aussi guerrières que culpabilisantes pour les professionnels de première ligne dans leur ensemble.

Ces derniers connaissent les contraintes, les horaires, les postes vacants, la réalité et le poids des pathologies qu'ils accompagnent. Le vrai courage est là, quotidien et invisible pour les caméras qui retransmettent les jugements lapidaires. C'est le courage des équipes. On attend les mesures concrètes que ces constats imposent. Parmi ces mesures, une analyse réelle des besoins des territoires est nécessaire pour faire évoluer la sectorisation sur des bases objectives. Il faut aussi instaurer une véritable complémentarité entre psychiatrie publique et privée. Il faut enfin réguler la répartition entre psychiatres hospitaliers et libéraux. Les Agences régionales de santé devront être les effecteurs de cette volonté, comme l'a affirmé le président de la République à Laon le 2 mars. Cela suppose qu'on leur en donne les moyens. Ce courage-là est politique.


Pierre Micheletti et Pierre Murry

Post by admin on 03/15/2010 09:31AM 0 comment(s)

« Les antidépresseurs utiles seulement pour les dépressions sévères »

Le Figaro / Mediscoop 7 janvier 2010

Le Figaro observe que « les antidépresseurs sont probablement inutiles chez la grande majorité des patients à qui ils sont prescrits ».
Le quotidien aborde ainsi une étude parue dans le Jama : « Jay Fournier (université de Pennsylvanie) et ses collègues ont repris 6 essais thérapeutiques comparant les effets d'un antidépresseur à ceux d'un placebo. Au total, leur analyse a inclus plus de 700 malades, atteints d'une forme plus ou moins grave de dépression ».

Le Figaro indique que ces patients « étaient traités soit par imipramine, soit par la paroxétine », puis note que « pour les patients avec une dépression très sévère, l'efficacité des antidépresseurs est bien supérieure à celle du placebo. En revanche, les bénéfices de ces molécules apparaissent minimes, voire inexistants, chez les personnes avec une dépression d'intensité légère ou modérée ».
Les auteurs de l’étude écrivent que « les prescripteurs, les décideurs et les consommateurs ne sont peut-être pas conscients du fait que l'efficacité de ces médicaments a été en grande partie établie sur la base d'études incluant exclusivement des patients avec des formes sévères de dépression. Ce fait important n'apparaît pas dans les messages de promotion de ces médicaments auprès des médecins et du public ».

Le Figaro livre la réaction de psychiatres français. Le Pr Chantal Henry (hôpital Chenevier, Créteil), note que « dans les dépressions sévères, ces médicaments sauvent des vies, il ne faut pas les stigmatiser ».
De son côté, le Pr Jean-Pierre Olié (hôpital Sainte-Anne, Paris), remarque que « nos outils cliniques de diagnostic de la dépression sont fragiles, et il peut y avoir une réelle difficulté à discriminer des symptômes dépressifs d'une dépression d'intensité légère ».
« Dans le doute, selon lui, il est préférable de ne pas prescrire d'antidépresseur d'emblée lors d'une première consultation », relève le journal.

Le quotidien rappelle qu’« en France, les prescriptions se sont stabilisées ces dernières années, après plusieurs décennies d'envolée ».

Fournier JC, DeRubeis RJ, Hollon SD, Dimidjian S, Amsterdam JD, Shelton RC, Fawcett J. Antidepressant drug effects and depression severity: a patient-level meta-analysis. JAMA. 2010 Jan 6;303(1):47-53.
[www.ncbi.nlm.nih.gov]

Post by admin on 01/07/2010 10:10AM 0 comment(s)

« Le tiers des SDF souffrent de troubles psychiatriques »

La Croix, Libération / Mediscoop 15/12/2009

La Croix indique en effet que selon une enquête du Samu social, « près du tiers (31,5%) des personnes sans domicile fixe souffre d’au moins un trouble psychiatrique sévère ».

Le journal remarque que « la schizophrénie touche à elle seule 8,4% des gens de la rue. Les moins de 25 ans sont particulièrement exposés, 4 jeunes sur 10 présentant un trouble psychiatrique sévère ».

Post by admin on 12/15/2009 10:39AM 0 comment(s)

« Les politiques se saisissent du stress au travail »

La Tribune / Mediscoop 5 novembre 2009

La Tribune constate que « François Fillon a mis en place hier une mission sur le stress au travail. Après la vague de suicides à France Télécom, la mobilisation sur les risques psychosociaux dans l’entreprise est très forte », observe le journal.

Le quotidien note que « le gouvernement souhaite disposer d’analyses et d’outils pratiques complémentaires pour engager une démarche préventive sur les questions de santé psychologique au travail ».

Le journal cite Christian Larose (CGT), auteur du livre « Violences au travail. Agressions, harcèlements et plans sociaux », qui déclare : « Il n’est pas inutile que les politiques réfléchissent à ce sujet. La situation est de plus en plus difficile pour les gens et il est pour le moins utile et urgent de trouver des solutions, notamment en termes de prévention ».

La Tribune remarque en effet que « les entreprises [sont] peu mobilisées sur le stress. [...] Dans un rapport sur la santé au travail rendu public hier, le député Francis Vercamer rappelle que 23% des salariés sont soumis au «job strain» - emploi à stress élevé caractérisé par une forte demande psychologique et une faible latitude décisionnelle -, ce qui représente un risque pour leur santé physique et psychique ».

Post by admin on 11/05/2009 10:36AM 0 comment(s)

« Un village où les malades mentaux se soignent en famille »

La Croix / Mediscoop 29/10/2009

La Croix publie un reportage sur le village d’Ainay-le-Château, dans l’Allier, qui « s’est spécialisé, depuis plus d’un siècle, dans l’accueil de personnes atteintes de troubles psychiatriques ».
Le journal indique ainsi que « 380 personnes sont actuellement placées dans 220 familles ».

Jean-Claude Lardy, directeur de l’hôpital interdépartemental spécialisé du village, explique que « dans les années 1900, les asiles d’aliénés parisiens accusaient une surpopulation importante. Il a alors été décidé d’envoyer les patients qui souffraient de troubles chroniques pas trop lourds en province, dans des familles «nourricières» volontaires, en échange d’une indemnisation ».

La Croix précise qu’« aujourd’hui, le système est très encadré par la loi. Les familles «nourricières» ont pris le titre de «familles d’accueil thérapeutique» et sont sélectionnées minutieusement par l’hôpital ».
Jean-Claude Lardy indique que « dans chaque famille, il y a une personne responsable du malade qui a un rôle éducatif envers lui. Cette personne est salariée de l’hôpital et suit une formation continue ».
« Les patients ne perdent pas pour autant le lien avec l’hôpital. Ils continuent d’être suivis par un psychiatre, et un infirmier passe les voir plusieurs fois par semaine », ajoute le quotidien.

Post by admin on 10/29/2009 10:05AM 0 comment(s)

Le contrôle des arrêts maladie

« Le contrôle des arrêts maladie passe aussi par des sociétés privées »
La Croix / Mediscoop 14/10/2009

La Croix constate que « de plus en plus de sociétés privées envoient, à la demande de l’employeur, des médecins au domicile des salariés vérifier le bien-fondé de leur arrêt de travail ».
Le journal note que « dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, présenté ce matin en conseil des ministres, les ministères de la Santé et du Budget prévoient d’obliger l’assurance-maladie à tenir compte de ces contrôles diligentés par les employeurs ».
Le quotidien retient en effet que le projet de loi « vise à lutter contre les arrêts abusifs ».

La Croix s’interroge toutefois : « Est-il possible, avec une visite de 15 à 20 minutes, de vérifier la validité d’un arrêt lié à un état de stress, d’épuisement psychologique ou même à une dépression ? ».

Le Dr C. remarque que « ce ne sont pas les situations les plus problématiques. En parlant avec le patient, c’est assez facile de se rendre compte d’une détresse réelle ».
Le journal note que selon ce praticien « les cas les plus difficiles à juger portent sur les «douleurs alléguées» ».
Le quotidien livre les propos de Michel Chassang, président de la CSMF, qui estime de son côté que « c’est une privatisation du contrôle médical qui s’inscrit dans une tendance générale, fort regrettable, de suspicion sur les arrêts maladie ».

Elisabeth Claret-Leblanc, responsable du service commercial de la société Securex, déclare quant à elle : « La première motivation des employeurs qui font appel à nous n’est pas de suspendre les compléments de salaire. Elle est de comprendre d’éventuels dysfonctionnements internes pouvant expliquer un absentéisme répété ou prolongé ».

Post by admin on 10/14/2009 10:06AM 0 comment(s)

L’explosion des jeux sur Internet a multiplié les consultations en addictologie

L’Humanité, Libération, La Croix, Le Parisien, Le Monde, La Tribune, Les Echos / Mediscoop 07/09/2009

C’est ce que constate L’Humanité, qui note sur une double page que « l’Assemblée étudie aujourd’hui la fin du monopole de la Française des jeux et du PMU sur Internet ».
Le journal parle de « libéralisation très idéologique, aux répercussions mal calculées », et estime que « l’ouverture des jeux d’argent en ligne donnerait un coup de fouet, y compris financier, à la lutte contre les addictions ».
« Les 600 000 Français accros pathologiques aux paris sportifs, y compris des mineurs, apprécieront sûrement de voir fleurir de nouveaux sites de paris », remarque le quotidien.

L’Humanité rend compte de la visite du ministre du Budget, Eric Woerth, hier à l’hôpital Marmottan à Paris, « référence en la matière ».
« Une manière de faire savoir que le gouvernement est vigilant sur le volet «santé» du dossier », observe le journal.

Libération consacre pour sa part 3 pages au sujet, notant que « l’addiction entre à la maison ».
Le journal livre le témoignage d’accros aux jeux, et interroge Marc Valleur, psychiatre et médecin-chef au centre médical de Marmottan.
Le spécialiste remarque qu’« on peut affirmer que l’Internet aggrave les addictions traditionnelles. […] En migrant sur l’Internet, le jeu d’argent constitue un très fort facteur d’addictivité supplémentaire ».
Le Dr Valleur précise toutefois : « Attention à ne pas faire d’amalgames en glosant sur le «cyberdépendance», concept à la mode mais trop flou pour que l’on puisse en donner un sens précis ».
Le psychiatre rappelle en outre que « pendant longtemps l’Etat, financé de manière non négligeable par les recettes du jeu, s’est complètement moqué du problème de l’addiction. Il a fallu attendre 2006 pour voir la création du Cojer, le comité du jeu responsable ».

De son côté, La Croix publie un entretien avec le Pr Jean Adès, responsable d’une consultation spécialisée sur le jeu pathologique à l’hôpital Louis-Mourier de Colombes, dans les Hauts-de-Seine.
Le praticien remarque que « les jeux sont un moyen d’échapper à des réalités difficiles », et estime que « la démarche adoptée [par le projet de loi], qui consiste à autoriser en encadrant, est la bonne, car la prohibition n’est jamais efficace avec les addictions ».

Post by admin on 10/07/2009 01:41PM 0 comment(s)

« Le recours à la castration chimique pourrait devenir plus fréquent »

La Croix /Mediscoop 05/10/2009

La Croix revient sur le meurtre de cette jeune femme, la semaine dernière en Seine-et-Marne, et dont l’« assassin présumé avait déjà été condamné pour viol en 2002 ».
Le journal constate que « le débat autour de la castration chimique est, une fois de plus, relancé », et indique que « sans obliger les criminels sexuels à suivre un traitement hormonal à leur sortie de prison, la chancellerie souhaite les y inciter fortement ».

La Croix rappelle « comment fonctionne la castration chimique » et note que « jamais aucune étude n’a pu être menée en France sur la centaine de condamnés soumis à ce type de thérapie ».
Le quotidien cite toutefois la psychiatre Christiane de Beaurepaire, qui remarque que « les enquêtes menées à l’étranger attestent d’un changement de comportement très positif de la part des malades ».

La spécialiste précise en outre que « les criminels que nous soignons ont vécu toute leur vie avec une identité de déviant sexuel. Il faut donc les aider à totalement repenser leur vie ».
La Croix observe enfin que « plus que le principe lui-même, […] c’est le recours systématique à un tel traitement qui fait débat ».
« Aux dires des médecins, rendre quasi obligatoire un tel traitement pourrait s’avérer contre-productif. Rien n’empêche les malades de compenser les injections qu’on leur imposerait par la prise d’hormones capables de booster leur taux de testostérone », conclut le journal.

Post by admin on 10/05/2009 01:36PM 0 comment(s)

La prise en charge de l’autisme reste un problème majeur

Le Figaro/Mediscoop 05/10/2009

Marc Mennessier observe dans Le Figaro que « le dépistage de l’autisme] a beaucoup progressé depuis 10 ans », mais note que sa « prise en charge reste un problème majeur ».

Le journaliste relate la tenue du colloque « Autisme : de la recherche aux pratiques », organisé par la Fondation de France vendredi dernier à Paris, et cite notamment le Pr Bruno Falissard, psychiatre (Faculté de médecine Paris-Sud/Inserm), qui a déclaré : « Les prises en charge ont été améliorées, mais elles n’ont pas radicalement changé la vie des malades. Il reste beaucoup à faire y compris pour évaluer ce que nous faisons aujourd’hui ».

Marc Mennessier revient sur les « acquis irréversibles », observant que « l’amélioration du diagnostic précoce, et donc de la prise en charge de l’enfant dès son plus jeune âge, […] est sans aucun doute le progrès le plus notable ».
« Le point le plus délicat, et le plus conflictuel, consiste ensuite à trouver la, ou plutôt les méthodes thérapeutiques les mieux adaptées aux besoins du malade dans les différentes étapes de sa vie, le tout en y associant ses proches », observe le journaliste.

Marc Mennessier ajoute que « si les compétences existent, elles sont le plus souvent disséminées dans des structures et des institutions variées qui ne travaillent d’ordinaire pas ensemble ».
Le Pr Charles Aussilloux, pédopsychiatre au CHU de Montpellier, propose quant à lui de « faire converger ces compétences sur un lieu bien identifié, à l’échelle d’un département par exemple ».

[www.lefigaro.fr]



Edited 1 time(s). Last edit at 10/06/2009 08:23AM by admin.

Post by admin on 10/05/2009 01:34PM 0 comment(s)

« Comment se libérer de l'alcool »

La Croix, Le Parisien / Mediscoop 23/09/2009

C’est ce qu’explique La Croix sur une double page.
Le journal note ainsi : « Alors que sort aujourd’hui le film «Le Dernier pour la route», les médecins soulignent que la clé du succès du combat contre l'alcoolisme est souvent une prise en charge étalée dans le temps ».

Le quotidien interroge notamment le Pr Jean Adès, responsable du pôle psychiatrie et addiction à l’hôpital Louis-Mourier de Colombes, « heureux de constater qu’avec la sortie de [ce] film, les médias s’intéressent subitement à la prise en charge des personnes alcoolo-dépendantes ».
Le spécialiste déclare en effet que « même s’il y a eu des progrès ces dernières années, il y a toujours autour de ce sujet beaucoup de honte, de culpabilité. Dans notre société, l’alcool est un produit hédonique, convivial, totalement inscrit dans le tissu social. Et les alcooliques dérangent car ils viennent casser cette belle image ».

De son côté, le Dr Alain Sarda, médecin-chef du centre de cure et de post-cure Gilbert-Raby à Meulan (Yvelines), rappelle que « le premier travail, fondamental, porte sur la motivation de la personne. On ne peut rien faire sans le patient lui-même ».
La Croix ajoute que « la prise en charge se fait en ambulatoire », ou encore note qu’« après le sevrage physique, qui dure en général une semaine, il faut ensuite s’attaquer à la dépendance psychologique, en essayant d’en comprendre les mécanismes ».
Le journal livre des témoignages de bénévoles, dont Christiane, 73 ans, bénévole à la Croix bleue, qui déclare : « Médecin, j’ai quand même été piégée ».

Le Parisien consacre aussi près d’une page à ce « film choc sur l’alcoolisme ».
Le quotidien publie la réaction de deux « témoins », dont Philippe, 39 ans, qui remarque : « J’aurais aimé le voir en cure ».

Post by admin on 09/23/2009 10:31AM 0 comment(s)

La dépression postnatale touche de 15 % à 20 % des mères

Le Monde / Mediscoop 23 juin 2009

Le Monde constate à son tour que « la dépression du post-partum touche 15 % à 20 % des mères et peut affecter toutes les femmes ; mais moins de 2 % consultent un psychologue ».
Le journal se penche sur le travail de l’équipe d'Allo Parents Bébé, un « numéro vert, anonyme et gratuit, qui aide à la relation parents-bébés » et qui « a reçu 9 000 appels depuis sa création », en février 2008, par l'association Enfance et Partage.
Le Monde indique que « dans 50 % des cas, l'appelant est une jeune mère de moins de 30 ans, dont le bébé est son premier enfant. De 20 % à 25 % des appels sont de véritables appels de détresse de parents dépassés par l'arrivée de leur bébé dans leur vie ».

Le quotidien observe que « lors d'une dépression, la mère ne fait, en général, pas attention au bébé. Il est donc doublement important de la déceler. Troubles du sommeil, très grande fatigue, impression de ne pas être capable, pas ou peu d'attachement au bébé... sont autant de signes qui doivent alerter ».

« Elles n'en parlent ni au père, ni à leurs parents, ni à leurs proches, ni même à la maternité, où la dépression se déclare rarement, d'autant plus que les séjours après l'accouchement sont de plus en plus courts », poursuit Le Monde.

[www.lemonde.fr]

Post by admin on 06/24/2009 10:49AM 1 comment(s)

« Anorexie-dépression, la spirale »

Libération / Mediscoop 17/06/2009

Libération indique qu’à l’initiative de l’Institut français pour la nutrition, « un débat s’est tenu hier sur le lien entre santé mentale et variations de poids ».

Le journal se penche sur l’anorexie mentale, « une énigme pour bon nombre de médecins, car aucun psychotrope ni traitement médicamenteux n’ont d’effet sur elle ».
« On guérit malgré tout de cette maladie à la fois psychiatrique et somatique, si la prise en charge soigne et l’assiette et l’esprit », ajoute le quotidien.

Libération souligne que « pour les spécialistes, l’anorexie mentale est une «toxicomanie sans drogue», une addiction qui n’est pas liée à une substance mais à un comportement ».
Le journal s’interroge : « L’anorexie est-elle une conséquence de la dépression ou l’inverse ? ».

Le quotidien note que « le risque de dépression sévère se manifeste lors du basculement vers la boulimie, l’autre pôle extrême. […] Reprendre du poids de manière incontrôlée précipite dans la dépression et conduit 10% des anorexiques au suicide ».

Post by admin on 06/17/2009 10:37AM 0 comment(s)

« Addictions : les filles aussi »

Libération / Mediscoop 10/03/2009

Libération constate en effet que « face aux drogues et à l’alcool, la différence homme-femme s’estompe », selon des travaux publiés dans le dernier Bulletin épidémiologique hebdomadaire.

Le quotidien cite France Lert, directrice de recherche à l’Inserm, qui remarque : « Quand on regarde les comportements addictifs des filles, on voit à quel point la mixité progresse. Les filles font de plus en plus comme les garçons. On a, là, comme un miroir de la parité en marche ».
La spécialiste note cependant que « chez les hommes, plus le statut social est bas, plus les consommations augmentent, alors que c’est l’inverse chez la femme ».

Libération se penche ainsi sur plusieurs différences selon le sexe, les auteurs relevant que « les femmes ont un liquide corporel plus faible que celui des hommes. Elles métabolisent l’alcool différemment… Elles développent des pathologies différentes selon les drogues prises ».
Les chercheurs observent par ailleurs que « les femmes sont en général plus dépendantes dans leur vie affective que les hommes. Ainsi, dans la toxicomanie, elles doivent faire face, souvent, à une double dépendance, aux drogues et à leur partenaire… Dans la plupart des cas, le partenaire est aussi le fournisseur des substances ».

Le quotidien précise toutefois que « quel que soit le produit, les hommes en consomment toujours plus », et indique que « c’est chez les adolescents que les pratiques, entre filles et garçons, se rapprochent le plus ».

Post by admin on 03/10/2009 11:56AM 0 comment(s)

« Les neuroleptiques multiplient par deux le risque de mourir d'un problème cardiaque soudain »

Pour la Science, février 2009 /Mediscoop 18/02/2009

Pour la Science observe en effet sur son site Internet : « Que ce soient ceux de première ou de deuxième génération, les neuroleptiques multiplient par 2 le risque de mourir d'un problème cardiaque soudain ».
Le magazine rappelle qu’« on ignore les causes de ces défaillances cardiaques imprévisibles, mais on savait que les neuroleptiques dits de première génération en augmentent le risque ».

Le mensuel note que « selon Wayne Ray et ses collègues, du Département de médecine préventive de Nashville, dans le Tennessee (Etats-Unis), il en va de même de ceux de seconde génération, plus utilisés aujourd'hui ».

Pour la Science explique que les chercheurs « ont étudié le devenir de plus de 90.000 personnes âgées de 30 à 74 ans, dont la moitié ont pris des neuroleptiques classiques et l'autre des neuroleptiques de seconde génération, et ils les ont comparées à 186.600 personnes n'en ayant jamais pris ».
Le magazine relève qu’« une forte consommation de neuroleptiques de première génération multiplie par 1,99 le risque de mort subite et ceux de seconde génération par 2,26. Et le risque est d'autant plus élevé que la posologie est élevée ».
Le mensuel précise cependant que « cette influence des neuroleptiques s'efface à l'arrêt du traitement ».

Pour la Science conclut ainsi : « On pense que les neuroleptiques perturbent le rythme cardiaque en agissant sur des canaux ioniques présents dans les muscles, notamment le cœur ».

Accéder au résumé de l'article : [www.ncbi.nlm.nih.gov]

Post by admin on 02/18/2009 10:38AM 0 comment(s)

Suicides en prison, l’état d’urgence

L'Humanité 4 février 2009

Incarcération . Alors que 17 détenus ont mis fin à leurs jours le mois dernier, les préconisations du docteur Louis Albrand pour lutter contre cette vague sans précédent ne convainquent guère.
L’an dernier, 115 détenus ont mis fin à leurs jours. Le mois dernier, on a compté 17 suicides derrière les barreaux. Ils s’appelaient Olivier, Romain, Mohamed… Ils ont choisi, comme c’est le cas dans 93 % des cas, la pendaison. Un suicide tous les deux jours alors qu’en 2008, on en comptait un tous les trois jours… Après le reflux dont a pu se prévaloir un temps l’administration pénitentiaire (AP), si l’on restait sur le rythme adopté en janvier, on pourrait atteindre, fin 2009, un total de plus de 200 suicides !

Suite de l'article : [www.humanite.fr]

Post by admin on 02/10/2009 06:54PM 0 comment(s)

Prisons. « Il est dix fois moins cher d’incarcérer que de soigner »

L'Humanité 4 février 2009

Chef du service psychiatrie de la prison de Fresnes pendant quinze ans, Christiane de Baurepaire dénonce l’incarcération de personnes qui n’ont rien à faire derrière les barreaux. Entretien.
Le mois dernier, on a compté une vingtaine de suicides en prison. Quel regard portez-vous sur ce chiffre qualifié de « préoccupant » par l’administration pénitentiaire ?

Christiane de Beaurepaire. L’administration pénitentiaire est « préoccupée » par les suicides depuis longtemps et elle agit réellement. J’anime ainsi depuis des années des formations et j’ai participé à la commission nationale Prévention du suicide en détention, lancée en 2004 suite au rapport Terra. Un énième groupe d’experts ne me semble pas s’imposer. On sait très bien qu’il y a à peu près un suicidaire en puissance dans chaque cellule parce que les détenus cumulent les facteurs de risque suicidaire. Et tant qu’on continuera à utiliser la prison comme un hôpital psychiatrique, le nombre des suicides derrière les barreaux ne baissera pas, il augmentera du fait de la vulnérabilité suicidaire liée à la maladie mentale.

Suite de l'article : [www.humanite.fr]

Post by admin on 02/10/2009 06:51PM 0 comment(s)

« Les malades schizophrènes se plaignent d’être rejetés »

Le Figaro / Mediscoop 26 janvier 2009

Le Figaro rend compte d’une étude publiée dans le Lancet, selon laquelle « les malades souffrant de schizophrénie seraient plus mal vus par leurs proches que par les employeurs ou les autorités ».
« Ils subiraient une «discrimination négative », faite de sentiments, d’attitudes et de comportements de rejet de la part des membres de leur propre famille. C’est tout au moins ce qui ressort de leur propre perception », remarque le quotidien.

Le Figaro explique que « c’est au terme d’une enquête réalisée dans 27 pays, auprès de 732 patients schizophrènes «représentatifs» de cette pathologie, […] que Graham Thornicroft, de l’Institute of Psychiatry (King’s College, Londres), est parvenu à cette conclusion ».
Le journal relève que « c’est la toute première fois que l’on interroge directement les malades mentaux ».

Le quotidien retient ainsi que « pour un schizophrène, la plus grande difficulté est de se faire et de garder des amis (47 % des malades interrogés). Viennent ensuite l’attitude négative des membres de la famille (43 %), la discrimination à l’embauche (29 %), et les relations amoureuses ou sexuelles (27 %) ».
Le journal ajoute que « l’Espagne et l’Inde sont les champions du monde de la non-discrimination. […] La France, fait partie, avec les Etats-Unis et le Brésil, des pays qui rejettent le plus leurs schizophrènes ».

Le Figaro indique que « selon la World Psychiatric Association, [cette étude] devrait aider les psychiatres à convaincre les autorités nationales de mieux financer l’accès aux soins, et de lancer des campagnes d’information auprès du grand public ».

Résumé de l'article du Lancet : [www.ncbi.nlm.nih.gov]



Edited 1 time(s). Last edit at 01/26/2009 10:38AM by admin.

Post by admin on 01/26/2009 10:30AM 0 comment(s)

« Certains antipsychotiques doublent le risque de défaillance cardiaque »

Libération, Le Parisien / Mediscoop 19/01/2008

Libération et Le Parisien notent en effet que « les nouveaux médicaments prescrits pour traiter la schizophrénie, la démence et d’autres et d’autres maladies mentales multiplient par 2 le risque pour les patients de décéder soudainement d’un problème de cœur ».

Libération relaie ainsi une étude parue dans le NEJM, qui « fait suite à une série de travaux indiquant que ces nouveaux antipsychotiques ne sont manifestement pas plus sûrs que l’ancienne génération de traitements ».
« Contrairement à ce que la médecine pensait », ajoute Le Parisien.

Ray WA, Chung CP, Murray KT, Hall K, Stein CM. Atypical antipsychotic drugs and the risk of sudden cardiac death. N Engl J Med. 2009 Jan 15;360(3):225-35. - résumé de l'article : [www.ncbi.nlm.nih.gov]

Post by admin on 01/20/2009 11:30AM 0 comment(s)

Une étude de large ampleur confirme la « transmission familiale des maladies mentales »

Le Figaro / Mediscoop 19/01/2008

Le Figaro constate en effet qu’« une étude menée sur 9 millions de personnes durant 30 ans confirme que la psychose maniaco-dépressive et la schizophrénie ont des origines génétiques communes ».

Le journal explique que « pour aboutir à ces résultats [publiés dans le Lancet], le Pr Paul Lichtenstein, épidémiologiste au sein de l'Institut Karolinska à Stockholm (Suède), et son équipe ont mis en rapport les fichiers d'état civil avec les registres des hôpitaux psychiatriques ».
« Ils ont utilisé des données concernant 2 millions de familles entre 1973 et 2004. Parmi cette population, on comptait 35 985 cas de schizophrénie et 40 487 cas de psychose maniaco-dépressive », remarque Le Figaro.

Le quotidien note que « les résultats confirment le caractère largement héréditaire de ces affections (64 % pour la schizophrénie et 59 % pour les troubles bipolaires) ».
« Le risque est 9 fois plus important quand on a un frère ou une sœur schizophrène. Pour la psychose maniaco-dépressive, le risque est 8 fois plus élevé quand on a un frère ou une sœur déjà atteint », précise le journal.

Le Figaro livre la réaction de Bruno Etain, du groupe hospitalier Chenevier-Mondor de Créteil, qui « estime que le grand intérêt de cet article est d'avoir étudié un nombre très important de familles ».
Le psychiatre déclare cependant qu’« il ne faut pas oublier les facteurs environnementaux », tels que « la grippe pendant la grossesse, certains rétrovirus endogènes, la toxoplasmose, le virus de l'herpès [ou encore] des antécédents de traumatisme dans l'enfance ».

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Hospitalisation de malades jugés dangereux : "La confiance est la meilleure des sécurités"

Dr Olivier Boitard, président du Comité d'action de la psychiatrie et chef du service de psychiatrie du CHI de Clermont-de-l'Oise
Hospitalisation de malades jugés dangereux : "La confiance est la meilleure des sécurités"

LEMONDE.FR | 29.12.08 | 14h37

Les fugues, ce week-end, de deux patients, dont l'un jugé dangereux, de l'hôpital psychiatrique Edouard-Toulouse de Marseille, ont relancé le débat sur les conditions d'hospitalisation de patients susceptibles de présenter un danger pour autrui. Olivier Boitard, président du Comité d'action syndical de la psychiatrie et cosignataire de l'"Appel des 39 : la nuit sécuritaire au crépuscule de la psychiatrie", revient sur les difficultés des hôpitaux psychiatriques et les mesures présentées début décembre par Nicolas Sarkozy pour les "sécuriser".

Les hôpitaux psychiatriques ne sont-ils pas tiraillés entre deux missions : offrir des soins aux malades mentaux et garantir la sécurité, à la fois des patients et de l'ensemble de la société ?

Olivier Boitard : Tout d'abord une précision sémantique. On a entendu parler ces derniers jours d'"évasions" de patients malades mentaux, or quand on quitte un hôpital psychiatrique sans autorisation, c'est une fugue. Le terme évasion est réservé aux détenus carcéraux.

Les sorties sans avis médical sont relativement fréquentes et généralement sans conséquences. Quelquefois, des patients se réfugient dans leur famille, mais en général, après discussion, ils sont réintégrés sans aucune difficulté. Pour les quelques rares cas de patients qui, dans le passé, ont eu des comportements dangereux, la meilleure prise en charge est de leur offrir les meilleurs soins, de façon à ce qu'ils n'aient pas envie de quitter le lieu d'hospitalisation.

A-t-on évalué le nombre de patients psychotiques jugés dangereux ? Comment les soigner ?

C'est un tout petit nombre. Au CHI (centre hospitalier intercommunal) de Clermont-de-l'Oise, deux ou trois patients nécessitent une surveillance particulière. On a un pavillon spécialisé, dans lequel on observe au départ une surveillance très stricte. Grâce aux traitements actuels, psychothérapeutiques ou médicamenteux, les patients se stabilisent et très progressivement, on leur permet de sortir, d'abord dans une cour ou un parc, accompagnés, puis ensuite, seuls. Mais en psychiatrie, on a fermé beaucoup de lits et il est de plus en plus rare d'avoir un pavillon fermé dans un service.

Les récents faits-divers occultent le fait que les malades mentaux sont les premiers victimes d'agressions, voire d'auto-agressions. Comment gérez-vous leur protection dans les services psychiatriques ?
Il peut arriver qu'on mette quelqu'un en chambre d'isolement, en général pour une durée relativement courte, pour éviter qu'il soit agressé par d'autres patients. Nous cherchons également à créer dans les pavillons une ambiance permettant aux patients d'être moins stressés et d'être moins tentés par l'agression. Mais le personnel manque de plus en plus. Auparavant, on comptait cinq infirmiers en moyenne dans un pavillon de vingt lits. Aujourd'hui, on ne compte plus que deux infirmiers, voire parfois un infirmier et un aide-soignant. On est ainsi à la limite de la sécurité au niveau de la surveillance. Et du côté des médecins, il y a aussi pénurie : on estime qu'entre cinq cents et six cents postes de médecins psychiatres sont vacants dans le public. Il y a deux explications à ce problème : les difficultés à recruter dans certaines régions, mais aussi les contraintes budgétaires qui font que, pour des raisons financières, on ne renouvelle pas les départs à la retraite.

Le président de la République a promis plus de moyens pour les unités de malades difficiles. N'est-ce pas un geste positif ?

Ce n'est pas la priorité. La priorité, c'est plus de moyens globaux pour soigner les patients. Ce qui nous choque, c'est qu'au lieu de proposer un plan pour l'ensemble des soins psychiatriques, on n'offre des moyens qu'à l'aspect sécuritaire de l'hospitalisation.

Nicolas Sarkozy prône en effet la création d'un fichier de patients jugés dangereux, le port du bracelet électronique et la généralisation de la vidéosurveillance dans les centres hospitaliers. Craignez-vous l'intrusion du carcéral au cœur des lieux d'hospitalisation ?

Absolument. Il faut un bon équilibre entre la protection de la société et le soin. Nous sommes face à des patients qui ont été reconnus, parfois même par la justice, comme nécessitant des soins. Quand on est malade, on doit d'abord être protégé soi-même et être soigné. Mon inquiétude, c'est qu'avec davantage de mesures de contraintes, les patients vont refuser les soins, se révolter, voire fuguer davantage. Or avec ces patients, il faut avant tout créer progressivement un climat de confiance. C'est la meilleure des sécurités.

Peut-on appliquer la logique du "risque zéro" à la psychiatrie ?

C'est une illusion. Malheureusement, même avec les mesures carcérales les plus folles, on n'arrivera pas au risque zéro. Dans les prisons, des détenus parviennent à s'évader. On n'empêchera donc jamais une fugue. Ce qui est important, c'est d'abord d'avoir des moyens au départ pour bien surveiller les patients, quand il y a des risques importants. Il faut ensuite, dans un second temps, des moyens pour libéraliser progressivement les conditions d'hospitalisation et redonner de l'espoir aux patients.


Propos recueillis par Mathilde Gérard

Post by admin on 12/31/2008 05:24PM 0 comment(s)