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Stress, traumatisme et pathologies: Agressions sexuelles et castration chimique
Posted by: root (IP Logged)
Date: May 04, 2018 01:51PM

Revue de presse Inserm, Mediscoop, Le Parisien 4 mai 2018

Faut-il rendre obligatoire la "castration chimique" ? »
Le Parisien

C’est ce que titre Le Parisien, qui observe que « le viol et le meurtre d’Angélique Six, 13 ans, le 25 avril dernier à Wambrechies (Nord) par un homme ayant déjà été condamné pour viol sur mineure en 1994 a suscité l’effroi… et cette lancinante interrogation : comment empêcher la récidive en matière de crimes sexuels ? ».

Le journal rappelle que « créée dans cette optique par la loi Guigou de 1998, l’injonction de soins est un volet médical intégré dans le cadre d’un suivi socio-judiciaire, prononcé à la place ou en complément d’une peine de prison pour une durée déterminée : en cas de non-respect, c’est donc le retour à la case prison ».
« Il revient dans ce cadre au médecin - et à lui seul - de prescrire une éventuelle «castration chimique», c’est-à-dire un traitement annihilant la libido, au condamné, mais seulement avec l’accord de ce dernier. […] C’est ce dernier verrou que Laurent Wauquiez, chef de file LR, voudrait voir sauter pour rendre «obligatoire le traitement. Une question qui divise », relève le quotidien.
Le Parisien interroge ainsi Bernard Debré, médecin urologue, conseiller de Paris et ancien député LR, qui déclare que « c’est un outil qui permettrait de réduire la récidive et d’empêcher des drames qui, à intervalles réguliers, jalonnent l’actualité. ».

Le médecin remarque : « On sait que les auteurs de violences sexuelles, lorsqu’ils repassent à l’acte, le font le plus souvent juste après leur sortie de prison. En instaurant cette obligation, on permettrait à ceux qui ne peuvent pas refréner leurs pulsions de les canaliser. […] Ce n’est pas parce que l’on ne pourra jamais éviter tous les drames qu’on devrait se priver d’en éviter au moins une partie ! ».

Bernard Debré évoque une proposition de loi qu’il a faite en 2007 : elle « précisait de quelle manière mettre en place cette mesure. Le juge ne prononcerait cette obligation qu’après consultation de deux médecins : un psychiatre, qui déterminerait si la personne concernée est dangereuse, ensuite un médecin (urologue, endocrinologue…) pour valider le traitement. Et tout cela viendrait en accompagnement d’une psychothérapie ».

De son côté, Serge Stoléru, médecin chercheur à l’INSERM, souligne : « Il faut distinguer deux actes différents. Le premier est la décision du juge. Dans le cadre de la loi de 1998, il peut prononcer une injonction de soin, c’est-à-dire qu’il dit : ce sujet doit être soigné. Mais le juge ne peut décider du soin lui-même, cela relève de la part du médecin. Ensuite, le médecin à qui le patient est envoyé doit obtenir de ce dernier son accord pour le traitement qui se prend sous forme de piqûre ou par voie orale ».

« On ne peut soigner contre le gré des gens, et si on le faisait, cela n’empêcherait pas quelqu’un de s’abstenir de prendre son comprimé quotidien ou d’aller acheter de la testostérone sur Internet pour contrecarrer la baisse de cette hormone dans le sang ! », déclare le chercheur.

Le Point interroge : « Les traitements anti-hormonaux offrent-ils une garantie de non-récidive à 100% ? ». Serge Stoléru répond : « Au début des années 2000, je souhaitais faire un essai thérapeutique pour évaluer les deux traitements disponibles, celui à base d’antiandrogène et celui à base d’agoniste de la GnRH ».
« Nous n’avons pas été en mesure de terminer, alors même que nous avions les financements, notamment des fonds de l’administration pénitentiaire. Nous avons manqué du soutien de certains acteurs de terrain, appartenant pourtant à cette même administration et qui auraient pu relayer nos demandes de participation à la recherche auprès des personnes concernées après leur libération », note le médecin.

Il ajoute que « 12 ans après que l’avis sur un médicament anti-hormonal rédigé pour la Haute Autorité de Santé et figurant sur son site ait recommandé que soient menées des études scientifiques sur des grands échantillons, cela n’a toujours pas pu être fait. Si les politiques veulent s’emparer de ce thème, qu’ils commencent par faire réaliser des études adéquates sur ces médicaments. Car même si l’intuition des médecins est plutôt positive quant à ces traitements, leur efficacité dans ce trouble et l’intérêt relatif des différents médicaments n’ont toujours pas été suffisamment précisés scientifiquement ».



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