Les
administrations
Le
déploiement de la psychiatrie vers le champ de la santé mentale
se fera avec les administrations
Actuellement, la
programmation hésite entre les différents niveaux
gĂ©ographiques (rĂ©gion, dĂ©partement, Ătat), elle
multiplie les documents. La psychiatrie ne bénéficie pas toujours
dâun soutien important des services dĂ©concentrĂ©s de
lâĂtat ; on pourrait dire quelle est devenue, au fil des ans,
une sous-planification. La reconnaissance que la santé mentale devrait
ĂȘtre un domaine dĂ©clinĂ© Ă chaque niveau (Etat - rĂ©gion -
dĂ©partement - local) nâa jamais Ă©tĂ© fait et
assurerait pourtant des cohérences entre décideurs.
Le peu dâinvestissement des services dĂ©concentrĂ©s
est Ă Â rapprocher du
problĂšme de la rĂ©organisation des services centraux, dont le fonctionnement en â tuyau
dâorgues â ne contribue pas Ă une clarification de la
commande mais renforce, lĂ aussi,Â
la segmentation des problĂšmes.
Segmentation que lâon retrouve sur le plan des dĂ©coupages
territoriaux : chaque service
de lâEtat (sanitaire, mĂ©dico social, Ă©ducation nationale,
justice) et des collectivités locales (ASE ; circonscription, coordination
gĂ©rontologique, centres de secours etcâŠ) dispose dâun
dĂ©coupage diffĂ©rent, dĂ©coupages auxquels sâajoutent
maintenant les â Pays â.
Les professionnels de
santé publique de terrain attendent depuis des lustres de voir la DATAR,
lâINSEE ou le Commissariat gĂ©nĂ©ral au Plan, proposer
Ă lâensemble des partenaires des zonages gĂ©ographiques qui
pourraient ĂȘtre communs Ă tous les intervenants en
sâemboĂźtant les uns dans les autres de lâaire la plus petite
Ă la plus grande.
Les schémas
rĂ©gionaux dâorganisation sanitaire (SROS) distinguent les
activités de Médecine-Chirurgie-Obstétrique (MCO) de la
psychiatrie. MĂȘme si lâon peut noter un frĂ©missement avec
lâadoption rĂ©cente de quelques SROS de deuxiĂšme
gĂ©nĂ©ration unifiĂ©. Lâespace sanitaire
régional, tout comme les territoires pertinents ou bassins de
santé, militent pour une planification régionale.
LâunicitĂ© du SROS (MCO, psychiatrie) gagnerait alors en
cohérence.
Â
Les services de
lâĂtat mettent toujours en avant la planification MCO et lui attribuent hommes et
compétences. Souvent, les autres planifications sont effectuées
de surcroßt. Ici, il faut clairement établir les
responsabilitĂ©s, la mĂȘme exigence de service public, la mĂȘme
formation des acteurs et des responsables. Câest aussi un engagement de
ces professionnels qui permettra un changement institutionnel dans
lâappareil de lâĂtat.
La planification de
lâoffre de soins psychiatriques souffre Ă©galement dâune
carence majeure dâarticulation avec la planification
médico-social. Dans ce domaine, la situation est
relativement semblable. Pour les prises en charge par le médico-social,
sans plans et sans programmes articulĂ©s tout peut ĂȘtre fait, y
compris le pire, câest-Ă -dire la confusion des genres et les
crĂ©ations de â structures dĂ©potoirs â ou de
â nouveaux ghettos sociaux â ? (MAS, Foyer Ă
double tarification etc).
Il en va de mĂȘme
pour la cohĂ©rence des Plans RĂ©gionaux dâAccĂšs
à la Prévention et aux Soins (PRAPS), (toutes les régions,
sauf une, ont placé la Santé Mentale en priorité dans leurs
dispositifs), des Conférences de Santé et des SROS.
Tout se passe comme si
les conducteurs de ces travaux (DGS-DHOS-DGAS) poursuivaient
parallĂšlement des objectifs parfois identiques et parfois divergents.
Or, il existe depuis 1998 dans chaque région un comité
rĂ©gional des politiques de santĂ© oĂč se retrouvent notamment les services de
lâEtat, les collectivitĂ©s territoriales et les organismes
dâassurance maladie. Câest en principe une instance de
concertation, de suivi et dâĂ©valuation des prioritĂ©s de la
conférence régionale, du PRAPS et des autres programmes
régionaux de santé. La question est de savoir si leur
efficacité a été évaluée : ces
comités remplissent-ils
pleinement leurs missions et impulsent-ils des actions ?
Plusieurs groupes de travail coordonnés
par la Direction des HĂŽpitaux et de lâOffre de Soins tentent
depuis bientĂŽt dix ans, dâĂ©laborer un programme de
mĂ©dicalisation du systĂšme dâinformation (PMSI)
adaptĂ© Ă lâactivitĂ© des services de psychiatrie. Les
échéances de test et de mise en application sont sans cesse
repoussĂ©es, les concepteurs eux-mĂȘmes doutant de la pertinence de
lâoutil quâils continuent pourtant de dĂ©velopper.
On peut sâinquiĂ©ter des carences
massives du plan de communication qui accompagne actuellement la mise en
Ćuvre de ce PMSI-Psy qui est chargĂ© dâautant de fantasmes
quâil est obscur, centrĂ© sur lâhospitalisation temps plein,
beaucoup trop bureaucratique dans sa mise en acte, favorisant et
renforçant les réponses hospitaliÚres, au détriment
du travail en rĂ©seau et nâĂ©valuant pas lâoffre de
soin associative et âlibĂ©raleâ.
Le risque déjà annoncé et
prévu est que cet outil permettra de mettre en évidence des
"profils" dâĂ©tablissements et des Ă©carts par
rapport Ă une moyenne. Il ne permettra peut-ĂȘtre pas de
dĂ©terminer quel est le â bon profil â pour
répondre aux besoins de prise en charge en matiÚre de
santĂ© mentale aujourdâhui. Dâune certaine façon le
PMSI-Psy paraĂźt Ă beaucoup de professionnels comme un
â contre sens â et une modalitĂ©
â impertinente â de recueil de donnĂ©es.
Au-delĂ dâun classement des
Ă©tablissements â chers et pas chers â, les
informations recueillies par le PMSI-Psy permettront au mieux de mettre en
évidence le fait que les prises en charge sont trÚs différentes,
pour des patients aux caractéristiques semblables. Mais ces
résultats ne sont-ils pas déjà connus ? En effet, on
sait déjà que, selon les secteurs, des patients sont en
hospitalisation complĂšte, dâautres en hĂŽpital de jour,
quasiment Ă temps plein, dâautres en hĂŽpital de jour
sĂ©quentiel, en CMP prolongĂ©, dâautres dans le secteur
mĂ©dico-social, et les psychiatres avouent que âce sont les
mĂȘmesâ. Le PMSI va donc dire que ces "mĂȘmes"
patients sont tantĂŽt ici et tantĂŽt lĂ , selon les services et
les secteurs. On peut Ă juste titre se demander si la montagne ne va pas
accoucher dâune souris.
Il faudra obligatoirement passer par un outil
pertinent d'évaluation des pratiques des STP et RTSM. Cet outil devra
ĂȘtre basĂ© sur le dossier du patient qui doit recueillir l'ensemble
des actes de soin le concernant.
LâactivitĂ© dâun service
nâest pas corrĂ©lĂ©e avec son effectif de personnel. Mais
pour que le dĂ©bat sâengage, il faut tout connaĂźtre et
garantir la transparence dans les Ă©quipes soignantes et Ă
lâextĂ©rieur. Câest le prĂ©alable Ă
lâĂ©galitĂ© des français devant les soins.
Â
Les stratégies de soin en santé mentale
sâinscrivent dans la dynamique plus vaste des Ă©volutions
sociologiques et donc dans lâaction politique au sens strict
dâ â ensemble des options prises collectivement ou
individuellement par le gouvernement dâun Etat ou dâune
sociĂ©té â[1].Â
Lâabsence de dispositif de secteur
réellement intégré dans la communauté (ce qui est
le cas de la majorité des secteurs existants), témoigne de la
carence conjuguée de volonté politique et professionnelle
Ă le rĂ©aliser, au profit dâun hospitalocentrisme dominant.
La décision
politique de confier la gestion du secteur psychiatrique Ă
lâhĂŽpital, en 1986, est de ce point de vue une date historique de
remise en cause des principes de la sectorisation, comme de toute autre forme
de véritable psychiatrie communautaire.
Â
Cette décision
nâa pas permis de rĂ©aliser le but poursuivi par ceux qui
lâavaient pensé au moment de lâĂ©laboration de la
politique de sectorisation à savoir : transférer le budget des
sites hospitaliers vers la communauté.
Il faut situer la
Santé Mentale dans la dynamique générale
dâintĂ©gration, dâinclusion et tourner le dos Ă la
dynamique ancienne de la psychiatrie qui participait des stratégies
dâexclusion. Notons que lĂ oĂč les acteurs lâont voulu
, avec quelle Ă©nergie, lâintĂ©gration dans la
communauté a été réalisée. Mais les expériences en France se sont
souvent bornées à des réalisations trÚs partielles,
trop souvent dĂ©pendantes de lâengagement dâune ou deux
personnes motivĂ©es. Le secteur privĂ© associatif sâest la
plupart du temps glissé dans les niches laissées en friches par
le secteur public, sans en changer son fonctionnement, aggravant en cela
lâĂ©loignement du dispositif psychiatrique de la communautĂ©
urbaine. La rupture avec cette perspective gestionnaire, administrative et
technicienne, impose de nouvelles organisations. Il faut déplacer le
centre de gravité de ce systÚme de l'hÎpital vers la
cité.
Cependant,
aujourdâhui, ce cours de rupture avec les stratĂ©gies de
discrimination, de sĂ©grĂ©gation, dâexclusion se heurte
à plusieurs réalités politiques majeures :
§      la gestion du dispositif dans la conception des
logiques hospitaliĂšres donne
Ă lâadministration des hĂŽpitaux le pouvoir de conforter
souvent le secteur comme une excroissance de lâhĂŽpital -
lâextra-hospitalier - et non dâadministrer le secteur comme le
gĂ©rant, lâorganisateur et le garant (avec la place des usagers et
de leurs associations !) dâune psychiatrie ouverte Ă la ville
et centrée sur la personne (sa singularité, son parcours et son
environnement)Â ;
§      lâinstrumentalisation des sentiments
dâinsĂ©curitĂ© de la population se retrouve enÂ
psychiatrie par la volonté de continuer à lui faire jouer
un rÎle sécuritaire important ; les patients sont donc
abordĂ©s comme porteurs de danger social (troubles de lâordre
public et à la sécurité des personnes ; nuisances par
leur ĂȘtre â a-social et dĂ©viant â et leur
maladie, ...).
§      Enfin, le point de résistance majeur
à la réalisation complÚte de la politique de sectorisation
est le frein serré que représente la survivance des
concentrations psychiatriques hospitaliÚres, toujours installées dans les lieux des
anciens asiles de la fin du 19Ăšme siĂšcle,
qui ne peuvent, car ce serait contre nature, programmer de
lâintĂ©rieur leur transformation institutionnelle. Presque tout les en
empĂȘche :
ĂŒÂ Â Â Â Â
la tradition
asilaire qui est attachée
Ă lâhistoire de ces institutions ;
ĂŒÂ Â Â Â Â
lâimprĂ©paration
de lâopinion publique et la
stigmatisation encore trĂšs forte qui colle Ă la personne dite â malade
mentale â ;
ĂŒÂ Â Â Â Â
les formations
hospitalo-centriques de tous les
personnels (administratifs, médicaux et non médicaux) qui sont
mal préparés pour envisager leurs pratiques professionnelles dans
les perspectives dâĂ©volution dynamique quâimposent les
missions de santé mentale ;
ĂŒÂ Â Â Â Â
les fonctionnements
hiérarchiques figés,
issus directement du fonctionnement asilaire et de la tradition mandarinale
hospitalo-universitaire ;
ĂŒÂ Â Â Â Â
la tendance actuelle
au repli derriÚre les différents statuts professionnels, la technocratisation et la hiérarchisation
nocives qui aboutit Ă des clivages dans lâĂ©quipe
pluri-professionnelle et Ă la sous-utilisation des plus nombreux acteurs
du soin : les infirmiers ;Â
ĂŒÂ Â Â Â Â
la part grandissante
de la population en situation de prĂ©caritĂ© et lâĂ©tat de suffocation des acteurs
sociaux (dont les dispositifs sont pour le moins difficile Ă
décrypter) ;
ĂŒÂ Â Â Â Â
la méfiance
historique de ces acteurs sociaux face à la psychiatrie (corrélée à la stigmatisation et
Ă lâexclusion qui sâattachent aux personnes ainsi
quâĂ la frilositĂ© du travail ambulatoire) qui se double
dâune mĂ©connaissance de ses Ă©volutions, le tout entretenu
par les malentendus plus ou moins volontairement mis en avant par certains
professionnels des deux champs ;
ĂŒÂ Â Â Â Â
l'assimilation
systématique des troubles du comportement aux troubles mentaux ;
ĂŒÂ Â Â Â Â
lâaugmentation
croissante des demandes dâhospitalisation du fait dâurgences surchargĂ©es, du
recours parfois abusif aux internements, favorise le repli dans lâhĂŽpital
et parfois amÚne à des demandes paradoxales de réouverture
de lits dans les secteurs ;
ĂŒÂ Â Â Â Â
la réticence
des Ă©lus locaux Ă mettre en Ćuvre ce changement de
fonctionnement des CHS, pour des
raisons dâamĂ©nagement du territoire, de craintes pour
lâemploi ou dans un souci purement clientĂ©liste ;
ĂŒÂ Â Â Â Â
lâextrĂȘme
rigidité de notre société qui sait trÚs bien empiler les
réponses en strates figées et est incapable de faire
évoluer ces réponses et encore moins de supprimer celles qui se
rĂ©vĂšleraient inadĂ©quates quand ce nâest pas
inopportunes.
Â
Pourtant, il nây
a aucun argument scientifique, thérapeutique, éthique,
économique, social au maintien des hÎpitaux psychiatriques dans le
monde[2].
La tendance actuelle du systĂšme psychiatrique
français est orientée vers un éclatement des dispositifs
de soin en Santé mentale avec :
Une médecine psychiatrique qui reçoit
préférentiellement les classes aisées qui
sâadressent Ă la psychiatrie â libĂ©rale â
(nous mettons entre guillemets pour souligner la particularité de ce
privé à but lucratif, qui est financé essentiellement par
les deniers publics, par le biais des remboursements de la
Sécurité Sociale).
Cette offre de soin
est pléthorique et
protéiforme à Paris, mais aussi à Lyon, en région
PACA et dans dâautres grandes villes universitaires. Cette offre inĂ©gale sur le territoire
national entraĂźne des rĂ©ponses inĂ©gales et nâassume
que de maniĂšre marginale ou individuelle, un rĂŽle dans les actions
de santĂ© publique, les soins dâurgence, les pathologies graves.
Ainsi, seuls 0,7% des actes des psychiatres
â libĂ©raux â franciliens sont-ils des actes de prĂ©vention[3].
Par ailleurs, la psychiatrie â libĂ©rale â concerne
beaucoup plus les personnes célibataires et divorcées.
Il ne sâagit pas pour nous de
mĂ©connaĂźtre la gĂȘne affĂ©rente aux troubles mentaux
dits « mineurs ». Celle-ci est bien réelle et doit
ĂȘtre prise en compte car, en terme de santĂ© publique, on sait
combien les troubles névrotiques par exemple sont pourvoyeurs de
dépressions graves, tentatives de suicides, conduites addictives,
surconsommation mĂ©dicale, arrĂȘts de travail etc. Mais il
nâest pas Ă©vident que certains troubles psychiques doivent
ĂȘtre pris en charge automatiquement ou exclusivement par des psychiatres.
Â
Â
La psychiatrie publique qui sâadresse, en
théorie, à toutes les populations est le plus souvent
utilisée par les catégories les moins aisées, les pauvres
et les démunis. Ce sont aussi globalement les
personnes les plus gravement atteintes psychiquement et socialement ; et
lâon connaĂźt les liens dialectiques entre situation sociale
défavorisée et état de santé dégradé.
Les relais de la psychiatrie publique avec la psychiatrie
â libĂ©rale â et le champ social sont variables
dâun secteur Ă lâautre et globalement insatisfaisants.
Ailleurs une pratique de la psychiatrie trop
expéditive dans les durées de séjour, non articulée
à des pratiques fortes de
soins, dâinsertion et dâaccompagnement dans la communautĂ©,
entraĂźne souvent des phĂ©nomĂšnes dâexclusion
dâun certain nombre de patients.Â
Nous voyons cela dans les sorties parfois trop rapides de
lâhĂŽpital de patients en souffrance psychique et en situation de
détresse sociale. Ils sont
alors orientés dans les structures sociales qui, sans le soutien des
équipes de soin, sont rapidement dépassées par la
problĂ©matique des troubles psychiatriques. A lâinverse les
prolongations abusives dâhospitalisations, parfois par absence de
réponses sociales adaptées, entraßnent également des
situations dâexclusion.
La psychiatrie publique, qui couvre en
réalité un vaste champ, a été souvent
cantonnĂ©e ou sâest souvent rĂ©fugiĂ©e dans la
spécificité de soigner les psychotiques,
spĂ©cificitĂ© parfois revendiquĂ©e contre lâidĂ©e
mĂȘme de psychiatrie ouverte aux questions des souffrances psychiques
communautaires. LâexpĂ©rience montre que les rĂ©sultats sont
limités. Les soins en hospitalisation sont globalement insatisfaisants.
La prise en charge de la psychose doit donc ĂȘtre pensĂ©e
majoritairement hors des structures dâhospitalisation.
La psychiatrie
nâest pas une discipline comme les autres.
Le paradoxe quâelle doit rĂ©soudre est de rĂ©aliser son
intégration tout en assurant le maintien de son identité.
Â
Â
Pour les populations les plus exclues, il existe une
prise en charge sociale des souffrances psychiques qui entretient des liens
ténus avec la santé mentale, quand ils existent. Là encore
la situation est variable suivant les zones car il existe ici et lĂ des
expériences innovantes et probantes. La demande de travail en commun
avec la psychiatrie énoncée par les travailleurs sociaux
nâa jamais Ă©tĂ© aussi grande.
Â
Cette tendance Ă une psychiatrie Ă
plusieurs vitesses ne demande quâĂ sâaccentuer si lâon
ne prend pas les dĂ©cisions politiques urgentes pour lâinverser,
câest Ă dire si lâon ne redĂ©finit pas
lâorganisation de lâensemble de lâoffre de soin.
Cependant les
avancĂ©es thĂ©oriques, lâĂ©volution des techniques, les
résultats thérapeutiques, la volonté de nombreux
professionnels, une partie de lâopinion publique, presque tout, depuis un
demi-siĂšcle, participe du rapprochement et dâune meilleure
intégration entre la psychiatrie et le reste de la médecine (en
ce qui concerne les psychiatres libĂ©raux câest fait depuis
longtemps, selon les rÚgles du libéralisme bien
entendu).
Â
On peut souligner un certain nombre dâerreurs commises au niveau
national, dans lâhistoire rĂ©cente de lâorganisation de
la psychiatrie de secteur :
§     Â
le défaut, pour
ne pas dire lâabsence, par les pouvoirs publics, de conduite de la
politique annoncée ;
§     Â
le débat, qui
est resté un débat de spécialistes, doit en sortir pour
impliquer l'ensemble de la société
§     Â
le pouvoir de
décision concernant le développement de la sectorisation a
été confié aux établissements hospitaliers sous le
contrĂŽle des tutelles, dâorientation plus comptable que santĂ© publique. En effet, si on ne
sâarrĂȘte pas Ă quelques exemples isolĂ©s rassemblant
exceptionnellement des personnalités aux objectifs convergents, le
constat nâest pas positif, quel que soit lâĂ©tablissement
hospitalier siÚge des secteurs de psychiatrie :
ĂŒÂ Â Â Â Â
Dans les
hÎpitaux généraux
les secteurs qui se sont implantés, avec peu de moyens pour la plupart
dâentre eux, ont gĂ©nĂ©ralement vu leurs projets et leurs
moyens soumis à la concurrence inégale des projets des autres
spĂ©cialitĂ©s mĂ©dicales (chirurgie, radiologieâŠ) ainsi
quâaux logiques hospitalo-centriques qui les fondent. Il suffit pour
comprendre de se reporter, par exemple, aux différentes publications issues
de lâassociation PsyGĂ© et aux interventions des professionnels des
secteurs de psychiatrie implantés dans ces structures qui
décrivent tous des situations de pénurie et de carence dans les
possibilitĂ©s dâoffre de soin.Â
ĂŒÂ Â Â Â Â
Dans les centres
hospitaliers spécialisés
le mĂȘme constat peut ĂȘtre fait, avec certaines nuances cependant
dues Ă lâabsence de concurrence avec les exigences des services
somatiques, en raison de la prévalence des logiques hospitalo-centrique
et comptable qui sont Ă la base du fonctionnement de beaucoup de
directions et des tutelles (quand elle ne voient pas la psychiatrie comme une
réserve de personnels).
Â
Le résultat de
tous ces facteurs est un développement inégal des pratiques de
soin dans la communauté.
 Il y a lĂ
dĂ©monstration de lâincompatibilitĂ© actuelle entre la logique
hospitaliÚre et la logique de développement de la psychiatrie
vers le champ de la santé mentale.
Â
Â
Il y a nécessité à revoir la loi de 1990 et nous
apportons ici, modestement car le sujet est dâune extrĂȘme complexitĂ©, notre
contribution à un débat qui devrait précéder
lâĂ©laboration dâune loi nouvelle.
Le nombre des soins sous contrainte nâa pas
fortement augmenté ces derniÚres années, passant de 11
Ă 13% des hospitalisations. Câest beaucoup plus le nombre des
hospitalisations qui a augmenté alors que les durées moyennes de
séjour continuaient de décroßtre.
Selon une enquĂȘte,Â
portant sur 80% des départements français, en 1999, 13%
des entrĂ©es en secteurs de psychiatrie lâont Ă©tĂ©
sous contrainte[4].
§     Â
46 000 en HDT, dont 14 000 selon la procédure
dâurgence (un seul certificat mĂ©dical), dont 6 400 dâune
durée de plus de 3 mois et donnant lieu à 10 262 sorties
dâessai ;
§     Â
7.450 en HO, dont 5 000 en urgence par les maires dans le cadre
de mesure provisoire, dont 1 900 dâune durĂ©e supĂ©rieure
Ă 4 mois et donnant lieu Ă 7 115 sorties dâessai.
Au-delĂ des chiffres, le sens mĂȘme de ces soins contraints
est Ă interroger.
En France on identifie
toujours, pour les traitements psychiatriques sous contrainte, la notion de
danger pour soi-mĂȘme et celle de danger pour autrui. Pour nous ces deux
notions devraient ĂȘtre trĂšs nettement distinguĂ©es.
Le danger pour
autrui
La mise en danger
dâautrui renvoie Ă lâordre public. Cette notion entre dans
le cadre des missions de chaque Etat qui doit garantir la
sécurité des citoyens par la Loi, les procédures et les
moyens pour lâappliquer. Dans un Ă©tat de droit les citoyens
doivent respecter la Loi et ne pas porter atteinte aux personnes et aux biens.
La justice et la police sont lĂ pour veiller au respect de ces lois.
Le Réseau
Européen des usagers et survivants de la psychiatrie, que nous ne suivons pas, justifie le danger pour
autrui tout en refusant la notion de soin obligatoire en cas de danger pour soi
et préfÚre que le placement involontaire en psychiatrie soit une
détention argumentée par la dangerosité et non un temps de
â traitement obligatoire â argumentĂ© par
lâĂ©tat psychiatrique de la personne concernĂ©e.
Si, pour raison de
dangerositĂ© envers autrui, â dĂ©tention â il
doit y avoir, celle-ci ne peut ĂȘtre pensĂ©e que dans un cadre
pĂ©nitentiaire (oĂč des soins peuvent et doivent ĂȘtre
apportés) et non pas dans un
cadre soignant psychiatrique. On est alors dans le droit commun et il nây
a pas lieu dâinventer des mesures spĂ©cifiques pour telle ou telle
catégorie de contrevenant.
Â
Le danger pour soi
Par contre le danger
pour soi-mĂȘme rĂ©fĂšre aux notions de libertĂ©
individuelle dâune part et dâassistance Ă personne en danger
dâautre part. Donc Ă la fois Ă la justice comme garante de
ces droits et Ă la santĂ© pour les soins. En effet il sâagit
avant tout de respecter la liberté individuelle. La
société exige également des professionnels de santé
quâils portent assistance aux personnes en danger pour elles-mĂȘmes
(et qui ne sont pas en mesure, pour de multiples raisons, de donner leur accord
aux soins).
Cette absence de
distinction entre danger pour soi et autrui présente
lâinconvĂ©nient de confondre les soins obligatoires et
lâordre public, la santĂ© et la justice.
Actuellement cette
assimilation, qui concerne uniquement les malades mentaux, est
gérée par les préfets qui ont le double pouvoir sanitaire
et de police. Il nâest pas souhaitable que cette organisation,
désormais unique en Europe, persiste.
Â
Â
En ce qui concerne les
soins aux personnes placées sous main de justice, et à la suite
des trĂšs nombreux ouvrages et rapports parus ces derniers mois, il ne
peut ĂȘtre seulement envisagĂ© une simple adaptation de lâoffre
actuelle des soins spécialisés. La question du sens que donne la
sociĂ©tĂ© Ă lâappareil pĂ©nitentiaire est au
centre de la rĂ©flexion. â Surveiller et punir â
résumait en son temps M. Foucault.
Câest dans la
position du naĂŻf que nous pouvons poser la question du sens de la prison.
Pourquoi celle-ci se cantonnerait-elle à la part sécuritaire,
coercitive, punitive - légitime et importante bien entendu - de sa
mission ? Dans cette part dâenfermement des hommes,
lâexpĂ©rience prouve que les cages nâont jamais appris
Ă vivre, au contraire. Lâautre mission essentielle de la prison
est de préparer ces hommes à un retour à la liberté
dans une perspective, apaisĂ©e, dâinsertion qui Ă©loigne la
tentation de la récidive.
LâĂ©volution
fondamentale des orientations, des organisations et des moyens internes au
milieu pénitentiaire est un préalable indispensable.
Sâil ne suffit pas
dâhumaniser ou de rĂ©habiliter les locaux, il faut en revanche
rendre décentes les conditions de vie des détenus[5].
Le dĂ©bat doit ĂȘtre national et il est urgent, car la situation
actuelle dans les établissements est explosive.
Au Centre de
Détention des Jeunes de Fleury Mérogis, la preuve est
donnĂ©e que des modifications, sans excĂšs, de lâorganisation
du travail de surveillance ont, en un an seulement, supprimé quasi
automatiquement la violence des jeunes détenus. En SuÚde nous
avons visité une prison qui présentait quelques solutions
intĂ©ressantes. Mais lâon sait que les moyens y sont 6 fois plus
importants quâen France et que 2 surveillants sur 3 sont en fait des
éducateurs.
Câest un
dĂ©fi, mais comment ne pas sây engager ? Des
établissements de petite dimension, des conditions sécuritaires
adaptées aux différentes personnes détenues et non pas les
plus strictes pour tous. Des innovations pour résoudre la contradiction
qui transforme les présumés innocents que sont les
prévenus, en détenus particuliÚrement
surveillés ; des regroupements semi ouverts seraient novateurs.
LâexpĂ©rience,
issue du cheminement de la psychiatre des anciens asiles vers les
hĂŽpitaux puis le travail de secteur, nous a appris queÂ
le changement de notre regard sur les
â aliĂ©nĂ©s â a permis les transformations
institutionnelles radicales.
Â
Lâorganisation actuelle des soins psychiatriques aux
dĂ©tenus a montrĂ© ses limites et ne doit plus ĂȘtre prise en
exemple immuable pour lâĂ©volution future.
Â
Les équipes des Services Médico-Psychologiques
Régionaux (SMPR) dispensent des soins psychiatriques dans les centrales
ou les maisons dâarrĂȘt, auprĂšs des dĂ©tenus souffrant
de problĂšmes psychologiques. Quand la pathologie psychiatrique devient
trop â lourde â, le dĂ©tenu peut ĂȘtre
transfĂ©rĂ© en service dâhospitalisation psychiatrique, sur
ordre du Préfet (article D398 du CPP). Il revient alors aux
Ă©quipes de soins des secteurs ordinaires dâassurer Ă la
fois la garde du détenu et les soins psychiatriques requis.
L'article D 398 du Code de Procédure Pénale transforme
obligatoirement l'établissement de soins en établissement d'enfermement...
Il présuppose en outre que le soin psychiatrique se fera
nécessairement en pavillon fermé, ce qui n'est plus obligatoire
depuis la loi n° 90-527 du 27 juin 1990 du Code de Santé Publique,
qui fait disparaßtre toute référence à l'enfermement
qui était juridiquement la rÚgle sous l'empire de l'ancien texte
du 30 juin 1838."[6]
Si le détenu-patient est violent ou jugé potentiellement
dangereux, il peut ĂȘtre transfĂ©rĂ© en UnitĂ© pour
malades difficiles (UMD). Toutefois, les UMD nâaccueillent que peu de
détenus (cf. plus loin).
Le
fonctionnement de nombreuses équipes des SMPR, au regard de
lâoffre de soin proposĂ©e, paraĂźt assez restrictif et
insuffisamment dĂ©ployĂ© dans lâespace et dans la
durée. Les équipes des actuels SMPR fonctionnent la plupart du temps
â en vase clos â. Cet isolement se manifeste notamment
par lâĂ©norme difficultĂ© Ă mettre en place les suivis
spécialisés aprÚs la détention, avec les CMP
concernés. Cela se manifeste aussi par des hospitalisations obligatoires
(suivant lâarticle D398), mal prĂ©parĂ©es, mal comprises et
souvent bùclées rapidement par les secteurs, effrayées par
lâ â étiquette â de dĂ©tenu, et
ceci in fine au détriment
des soins aux personnes.
Â
Il nâest plus
possible de continuer Ă passer sous silence que les SMPR nâont jamais
Ă©tĂ© en mesure dâassurer, dans le cadre des
établissements pénitentiaires, des soins en hospitalisation
complĂšte.
La grande
majoritĂ© des psychiatres travaillant en prison estiment que lâon
ne peut forcer quelquâun Ă se soigner en prison, car cela correspondrait
à un doublement de la peine : rajouter une
â peine â psychiatrique Ă la peine judiciaire. Mais
la double peine ne serait-elle pas plutĂŽt de ne pas donner de soins
Ă quelquâun qui en nĂ©cessite ? En effet, personne ne remet en question la double peine
que constitue de fait, la mise en UMD ou en chambre dâisolement dans un
service de psychiatrie de secteur, avec soins imposés et pour le
moins non satisfaisants !
Sachant que 80% des
budgets de la psychiatrie en milieu carcéral vont dans les SMPR, que ceux-ci
ne sont que 26 et quâil y a 187 Ă©tablissements, il est
évident que les moyens ne sont pas donnés pour la prise en charge
psychiatrique des détenus en dehors du travail fait par les
Ă©quipes des SMPR, dont la motivation et lâengagement professionnel
sont Ă souligner.
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Les quatre Unités
pour Malades Difficiles (UMD), situées dans les CHS et totalisant
environ 400 lits, prodiguent des soins spécialisés de
qualité à des
détenus malades mentaux, mais ne reçoivent pas que des
dĂ©tenus. Le plus grand nombre dâinfirmiers dans ces structures est
justifié essentiellement pour des raisons de sécurité et
non pas pour mener à bien des projets thérapeutiques.
Y sont également
hospitalisĂ©s-enfermĂ©s des â malades
difficiles â, ayant bĂ©nĂ©ficiĂ© dâun
non-lieu (selon lâarticle 122-1 du Code PĂ©nal),
câest-Ă -dire jugĂ©s irresponsables mais plus ou moins
dangereux.
Y sont
hospitalisés-enfermés une majorité de malades issus de
secteurs ordinaires, en hospitalisation dâoffice, sans contrĂŽle
judiciaire suffisant, du seul fait qu'ils sont en soins contraints par
décision préfectorale et qu'ils ont, par des troubles du
comportement, débordé momentanément les capacités
contenantes des équipes de ces secteurs.
Dans une unitĂ© dâhospitalisation ordinaire la peur de la
violence potentielle entraßne souvent l'enfermement préventif, ce
dernier Ă©tant en lui-mĂȘme source de violence. Et la boucle est
alors bouclée ! Une évaluation fine des situations entraßnant
les transferts vers les UMD et l'utilisation plus fréquente qu'en font
certaines Ă©quipes par rapport Ă dâautres, justifiĂ©e
parfois dâune visĂ©e "punitive", est indispensable.
Il surtout
nĂ©cessaire quâun dĂ©bat entre professionnels ait lieu sur la
clinique qui peut sâattacher Ă la contention et Ă
lâenfermement.
Une rĂ©ponse doit ĂȘtre apportĂ©e Ă la question
posée par les personnes détenues que leur état de
santé psychique rend durablement porteuses de troubles violents du
comportement et dont les soins ne peuvent ĂȘtre envisagĂ©s que dans
le temps de la chronicitĂ© mĂȘme de la pathologie.
Mais combien sont ces personnes ? OĂč sont-elles actuellement?
Sont-elles regroupées dans les UMD ou bien sont-elles avec des
détenus particuliÚrement dangereux mais non malades mentaux ? Ces
données ne sont pas disponibles. On sait seulement que 10 à 15 %
des files actives des UMD sont constituées de détenus. On ne peut
oublier certains problĂšmes rares de patients trĂšs malades et trĂšs
violents pour lesquels des solutions devraient ĂȘtre pensĂ©es dans
le cadre de la réforme des soins obligatoires que nous proposons et en
prenant le temps dâen Ă©valuer toutes les consĂ©quences.
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Etant
donnĂ©e lâĂ©volution des missions et des pratiques des
Ă©quipes de secteur, il nâest plus possible de continuer Ă
exiger, en se voilant hypocritement la face, que ces équipes de soins
assurent en mĂȘme temps la garde et les soins en structures ouvertes.
Alors que dans le mĂȘme temps les Ă©quipes de soins somatiques
envisagent la crĂ©ation de services dâhospitalisation en
HĂŽpital GĂ©nĂ©ral, oĂč la garde sera confiĂ©e aux
agents de lâAdministration PĂ©nitentiaire ou de la Police.
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Par ailleurs le dogme,
dĂ©fendu par certains psychiatres, de lâirresponsabilitĂ©
pĂ©nale des personnes malades mentaux ne peut ĂȘtre un argument
suffisant pour refuser de repenser lâorganisation de soins adaptĂ©s
aux personnes détenues présentant des troubles mentaux.
 â La confrontation Ă
la justice pour lâacte commis et prouvĂ© est chose
nécessaire pour lever le déni et contraindre le mis en cause
Ă sâinterroger sur son propre fonctionnement â[7].
Et â cette antonymieÂ
judiciaire peut provoquer une situation dans laquelle la personne
obligée perçoit, malgré sa vulnérabilité
pĂ©nalement stigmatisĂ©e, que nâest pas niĂ©e son
autonomie, qui substitue Ă lâobĂ©issance Ă lâautre,
lâobĂ©issance Ă soi-mĂȘme â[8].
A notre avis ce texte, situé dans un ouvrage sur les délinquants
sexuels, a une portée générale.
Pour
lâirresponsabilitĂ© pĂ©nale, nous pensons quâil manque
un dĂ©bat sur le concept de crime. La folie nâĂ©tant en aucun cas une cause de non
imputabilitĂ© de lâacte commis, nous prenons fermement position
pour la rĂ©vision de lâarticle 122-1 alinĂ©a 1. Nous sommes
pour la nécessité du procÚs, y compris la
possibilitĂ© dâun temps de soin prĂ©alable pour que le sujet
et citoyen â y soit â dans ce procĂšs. Notons cette
contradiction quâil nâexiste pas dâirresponsabilitĂ©
civile pour les malades mentaux, en droit français, et que ceci
nâa jamais soulevĂ© la moindre polĂ©mique.
Pour les soins
psychiatriques en prison, les mĂȘmes principes de rapprochement avec les
soins généraux ainsi que le développement des soins de
proximité doivent sous-tendre les modifications indispensables.
La persistance de lâopposition entre les logiques de soin
(â les psychiatres ne sont pas lĂ pour tout
calmer â[9]) et pĂ©nale est stĂ©rile tant au plan des
intĂ©rĂȘts de lâindividu que de ceux de la
société et mérite mieux que des anathÚmes. Ceci
impose que les acteurs du soin et ceux de la justice dialoguent
intensément et sereinement :
§     Â
en respectant les
langages et les rĂšgles de chacun,
§     Â
en respectant les
rĂšgles des secrets professionnels de chacun,
§     Â
en partageant des temps
de réflexion en commun.
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Â
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[1] Petit Larousse
[2] Dr Benedetto SARACENO, responsable de la division santĂ© mentale Ă lâOMS-GenĂšve.
[3] Etude de lâUnion RĂ©gionale des MĂ©decins LibĂ©raux dâIle-de-France URMLIF fĂ©vrier 2000
[4] Source DGS.
[5] On ne doit plus voir, par exemple, ce quâaux Beaumettes on appelle les â robinets marseillais â, câest-Ă -dire des cellules aux conditions dâhygiĂšne dĂ©gradantes.
[6] Observatoire International des Prisons, 28 septembre 2000
[7] C. Balier, C. Parayre et C. Parpillon (1995),
[8] X. Lameyre (2000), reprenant P. Ricoeur
[9]Â Dr Paulet du SMPR des Beaumettes
suite
| DerniĂšre mise Ă jour : mardi 4 septembre 2001 8:30:51 Dr Jean-Michel Thurin | Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â
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